Cette stratégie - qualifiée il n'y a pas si longtemps de naïve par le gouvernement conservateur - est accueillie avec espoir par le frère du président afghan Hamid Karzaï, Ahmed Wali Karzaï, qui est aussi le président du conseil provincial de Kandahar.
Les troupes canadiennes en Afghanistan auraient contacté des talibans par l'entremise de villageois avec l'objectif de les convaincre de s'asseoir avec les autorités afghanes ou même avec les forces de l'OTAN.
"J'appuie sans réserve la décision du Canada, a déclaré le frère du président Karzaï en entrevue à La Presse Canadienne. Il y a des gens à qui on peut faire entendre raison."
Ahmed Wali Karzaï croit que 90 pour cent des talibans actifs dans cette province pourraient être prêts à déposer les armes si on leur proposait des conditions acceptables.
"Bon nombre de talibans souhaiteraient rentrer à la maison et n'appuient pas cette folie meurtrière, a-t-il ajouté. Nous croyons qu'ils ne sont pas contents de la situation."
Un commandant taliban, Gulbuddin Hekmatyar, a proposé de réécrire la constitution du pays, une possibilité aussitôt écartée par le frère du président Karzaï.
Les responsables canadiens rejettent depuis des années tout contact direct avec les talibans, mais ils auraient revu leur position pour tenter d'appuyer les efforts de paix du gouvernement afghan.
Les forces sur le terrain seraient encouragées à pousser graduellement l'idée de négociations locales dans les villages. Le quotidien torontois Globe and Mail a rapporté jeudi que l'effort stratégique doit impliquer le gouvernement central de Kaboul et les alliés internationaux.
A Ottawa, le Nouveau Parti démocratique (NPD), fondamentalement opposé à la guerre, avait suggéré il y a près de deux ans que des négociations de paix soient initiées avec les talibans. Peter MacKay, l'actuel ministre de la Défense qui avait la responsabilité des Affaires étrangères à l'époque, avait raillé la proposition du NPD, qualifiant le chef du parti, Jack Layton, de "Taliban Jack".
Le gouvernement britannique avait négocié un cessez-le-feu avec les talibans dans une localité de la province d'Helmand, mais l'accord était finalement tombé.
Le président afghan, Hamid Karzaï, a déjà évoqué de possible pourparlers de paix avec le leader des talibans, le mollah Omar, mais il n'a reçu qu'un appui tiède de l'OTAN.