M. Dickson est d'avis que le bateau de Bruno-Pierre Bourque s'est retrouvé sur le côté suffisamment longtemps pour que le brise-glace ait le temps d'arrêter sa course, avant que L'Acadien II ne chavire.
"Stop the f**king boat! Stop! Stop! Stop! You're going to kill them f**king guys - their boat's upside down! (Arrêtez ce foutu bateau! Arrêtez! Arrêtez! Arrêtez! Vous allez les tuer - leur bateau est renversé), a crié en entrevue, lundi, le résidant de l'Ile d'Entrée, en se remémorant son appel désespéré aux gardes côtiers.
Wayne Dickson rapporte que deux marins de la Garde côtière, qui se trouvaient à l'arrière du pont du brise-glace pour surveiller les activités de remorquage, n'étaient plus à leur poste lorsque L'Acadien II a chaviré.
Il ajoute que c'est par la fenêtre de la timonerie que Bruno-Pierre Bourque et Claude Déraspe ont pu s'en échapper.
M. Dickson soutient que la noyade de leurs quatre autres équipiers aurait pu être évitée si la Garde côtière avait bien assumé ses responsabilités.
Le capitaine tient aussi les groupes abolitionnistes de la chasse aux phoques responsables des quatre décès de la fin de semaine. Il soutient qu'afin de faire taire les groupes anti-chasse, la Garde côtière canadienne ne prête plus assistance aux activités de chasse aux loups-marins, comme elle en avait l'habitude.
Selon lui, le Canada a capitulé devant les pays étrangers.
M. Dickson se souvient avoir vu L'Acadien II zigzager, et être entraîné vers la gauche dans la vague laissée dans le sillon du brise-glace.
Le chasseur de 53 ans et les six membres de son équipage se sont précipités au secours de l'un des deux survivants qui a émergé à travers une vitre brisée. Un autre a nagé dans la cabine et est sorti par l'autre côté.
Quand les gardes côtiers ont finalement été alertés, ils ont coupé la corde qui avait servi à remorquer L'Acadien II et un bateau zodiac a été mis à l'eau.
Selon le récit de M. Dickson, certaines cordes étaient restées fixées à L'Acadien II, mais quand le bateau du capitaine de l'Ile d'Entrée s'est approché pour chercher les quatre disparus, la garde côtière a fermé les lumières qui étaient projetées dans le secteur.
"Ils ont fermé les lumières, a-t-il raconté peu après son arrivée aux Iles-de-la-Madeleine. On ne voyait absolument rien. Je les ai appelés par radio pour leur demander de les rallumer. Je ne sais pas pourquoi ils ont fait ce qu'ils ont fait."