"C'est un message pour leur dire que nous savons où se trouvent leurs chefs", a précisé à l'Associated Press le ministre sri-lankais de la Défense Gotabhaya Rajapaksa. "Cela confirme que nos informations sont exactes".
S.P. Tamilselvan a été tué avec cinq autres chefs du LTTE, selon un communiqué du groupe diffusé par mail à la presse, confirmant ainsi la mort de leur chef politique. C'est un coup dur pour les Tigres tamouls, deux semaines après qu'ils ont mené une attaque dévastatrice contre une base aérienne du gouvernement.
Comme le chef des Tigres tamouls Velupillai Prabhakaran n'avait quasiment pas été vu en public ces dernières années, Tamilselvan était devenu le lien des rebelles avec le monde extérieur.
Il avait régulièrement participé à des pourparlers avec des diplomates et des envoyés spéciaux pour la paix, rencontré les travailleurs humanitaires, et donné les interviews aux rares journalistes autorisés par Colombo à se rendre dans le territoire des rebelles, dans le nord du pays.
Il avait également mené la délégation des Tigres tamouls lors des discussions de paix à Genève l'année dernière, qui s'étaient soldées par un échec.
Dans un entretien avec l'AP en juillet dernier, il avait promis de mener des représailles après la prise de l'est du Sri Lanka, alors aux mains du LTTE, par l'armée. "(Nous) affaiblirons la puissance militaire du gouvernement du Sri Lanka, ce qui finira invariablement par viser des cibles économiques également".
Dans la journée, les Tigres tamouls ont annoncé dans un communiqué avoir nommé à sa place le chef de la police, P. Nadesan, qui assumera également les fonctions de chef politique du LTTE. Il avait fait partie de la délégation lors des pourparlers de paix avec le gouvernement.
L'aviation sri-lankaise a par ailleurs pilonné un camp des Tigres noirs, les commandos-suicide des LTTE à Iranamadu, dans le district de Kilinochchi, tenu par la rébellion, a annoncé le porte-parole de l'armée de l'air. Cette unité-suicide, particulièrement redoutable, a été la cible de bombardements répétés depuis son attaque contre la base aérienne d'Anuradhapura la semaine dernière, qui a causé la mort de 14 soldats, détruit huit avions, et mis le gouvernement dans l'embarras pour tenter d'expliquer comment ces commandos avaient réussi à infiltrer une installation militaire d'une telle importance.
Les rebelles du LTTE se battent depuis 1983 pour obtenir un territoire indépendant pour la minorité tamoule, après des années de discrimination par les gouvernements à majorité cingalaise. Plus de 70.000 personnes ont été tuées dans ces combats.