Gloria Polanco, Orlando Beltran, Luis Eladio et Jorge Gechem ont été accueillis chaleureusement par leurs proches sur le tarmac de l'aéroport international de Caracas lors de retrouvailles émouvantes.
"Vous m'avez donné l'opportunité de revivre", a déclaré Gloria Polanco quelques heures après sa libération, ne manquant pas de remercier vivement le président vénézuélien pour sa participation aux négociations avec les FARC.
Peu après leur arrivée, les quatre ex-otages ont d'ailleurs été reçus au palais présidentiel vénézuélien où Hugo Chavez a pu s'afficher longuement à leurs côtés.
Selon la Croix-Rouge internationale, le transfert s'est opéré dans une clairière de la jungle sud colombienne, dans un lieu tenu secret par la rébellion pour des raisons de sécurité.
A bord des deux hélicoptères venus chercher les otages se trouvaient le ministre vénézuélien de la Justice et de l'Intérieur Ramon Rodriguez Chacin, la sénatrice colombienne Piedad Cordoba ainsi que quatre représentants de la Croix-Rouge et des médecins.
La chaîne vénézuélienne Telesur a filmé entièrement l'opération. Les quatre ex-otages ont étreint les officiels venus les chercher, Gloria Polanco recevant même un bouquet de fleurs de la part d'une combattante des FARC.
"Mes fils, mes fils", disait-elle à propos de ses trois enfants qui l'attendaient à Caracas. "Je ne pensais pas que j'aurai une chance de les revoir".
Deux des trois fils de l'ex-otage avaient été enlevés en même temps qu'elle avant d'être relâchés en 2004 après le paiement d'une rançon.
Vêtus de tee-shirts où l'on pouvait voir le slogan "Liberté pour tous", les trois enfants de Gloria Polanco ont accueilli leur mère avec de grands bouquets de fleurs et beaucoup d'émotion.
Luis Eladio Perez, rendu à une vie normale après plus de six ans de captivité, a confié peu après sa remise en liberté avoir vu Ingrid Betancourt le 4 février dernier et que la Franco-Colombienne se trouvait dans un état de santé préoccupant.
"Le temps est compté. Nous devons prendre des mesures immédiates afin d'obtenir la libération d'Ingrid", a estimé l'ancien sénateur, mettant en avant les conditions de détention difficiles dans la jungle colombienne.
"Je ne sais pas comment j'ai réussi à survivre", a-t-il ajouté, précisant qu'il avait souffert au cours de sa captivité "d'un arrêt cardiaque et de trois comas diabétiques", en plus de nombreuses maladies tropicales.
Selon des informations fournies par les FARC avant la libération des quatre otages, l'un d'entre eux, Jorge Gechem, aurait également connu des problèmes cardiaques, d'ulcères et au dos au cours de sa détention.
"Vous nous avez pratiquement sauvés de la mort", a confié dans un enregistrement vidéo le quatrième otage, Orlando Beltran.
A Paris, le président français Nicolas Sarkozy s'est félicité de l'issue de l'opération tout en exprimant sa "gratitude" envers son homologue vénézuélien Hugo Chavez. M. Sarkozy a remercié par ailleurs le président colombien Alvaro Uribe et le Comité International de la Croix Rouge (CICR), à qui les quatre Colombiens ont été remis.
Le ministre des Affaire étrangères français Bernard Kouchner a de son côté interprété le geste des FARC comme un "signal fort d'encouragement" allant dans le sens des efforts mis en place pour trouver "une solution humanitaire au drame des otages".
Le chef du Quai d'Orsay a toutefois exprimé ses inquiétudes quant à l'état de santé de certains détenus, indiquant que "la survie des plus faibles (...) est effectivement en jeu".
Les quatre anciens parlementaires faisaient partie de la quarantaine d'otages politiques détenus par la rébellion colombienne.
Leur libération fait suite à celle de Clara Rojas, ancienne directrice de campagne d'Ingrid Betancourt et de la parlementaire Consuelo Gonzalez, toutes deux relâchées le 10 janvier dernier dans la même région.