D'après ce document dont l'Associated Press a pu prendre connaissance avant sa publication officielle, ultérieurement lundi, Ehoud Olmert a lancé cette guerre sans plan d'ensemble ni objectifs clairement fixés. Il a fait preuve d'une "grave défaillance" dans la conduite des opérations, manquant de "jugement, de responsabilité et de prudence". Selon un membre du cabinet, Israel Maimon, le chef du gouvernement a réaffirmé qu'il ne démissionnerait pas.
Quant au ministre de la Défense Amir Peretz, il ignorait l'état exact de l'armée et des unités, alors que ses fonctions lui commandaient de connaître ces informations, souligne le rapport. L'inexpérience de M. Peretz, ancien leader syndical en poste depuis moins de six mois au début du conflit le 12 juillet, a "affaibli la capacité du gouvernement à faire face à ses défis", poursuit la commission Winograd.
La commission n'épargne pas Dan Haloutz, alors chef d'état-major, qui a agi de "façon impulsive" et induit les responsables politiques en erreur sur le véritable état de préparation de l'armée. Le rapport d'enquête reproche également aux membres du gouvernement de ne pas avoir posé de questions, s'en remettant aux décisions du Premier ministre, du ministre de la Défense et de l'état-major. M. Olmert a réagi lundi en assurant que l'on "remédiera aux défaillances".
La guerre au Liban avait débuté le 12 juillet après l'enlèvement de deux soldats israéliens par le Hezbollah et s'était achevé 34 jours plus tard.
A l'issue du conflit, qui a fait entre 1.035 et 1.191 morts, des civils pour la plupart, côté libanais, et 159, dont 120 soldats, côté israélien, aucun des deux objectifs fixés par Ehoud Olmert n'a été atteint -ni l'élimination du Hezbollah, ni la libération des deux soldat israéliens. Près de 4.000 roquettes des milices islamistes se sont abattues sur le nord de l'Etat hébreu et les soldats israéliens revenus du front ont dénoncé le manque de préparation, de coordination, d'objectifs clairs et de matériel.