"C'est une question importante" sur laquelle elle entend poursuivre sa réflexion, a indiqué la ministre Saint-Pierre, lundi, lors de l'étude en commission parlementaire des crédits annuels du ministère des Communications.
C'est le député péquiste de Borduas, l'ancien comédien Pierre Curzi, qui a soulevé le problème. Ce dernier a demandé à la ministre si elle proposait la création d'une vigie de surveillance de la concentration de la presse. "Vous êtes rendus trop loin dans ce cheminement. J'en suis rendu à l'étape que c'est une question importante", a répondu la ministre des Communications.
Des députés de toutes les formations politiques avaient unanimement proposé en 2001 la mise en place de certaines mesures pour contrer les dangers que représentent une concentration trop poussée des médias d'information entre trop peu de mains, a rappelé M. Curzi.
Ces mesures comprenaient l'instauration d'un mécanisme de vigie pour surveiller la propriété des médias d'information et ses conséquences. Cette vigie devait faire rapport annuellement à l'Assemblée nationale. On prônait aussi l'exigence que les médias se dotent d'un code de déontologie dont l'application devrait faire l'objet d'un examen annuel.
La ministre Saint-Pierre a fait valoir par contre qu'elle avait augmenté d'un million de dollars par année l'aide financière que son ministère consacre annuellement aux médias communautaires, la portant à 4 millions $.
"Les investissements dans les médias communautaires sont une façon de diversifier l'information en région", a commenté la ministre.
Selon le rapport de la commission parlementaire qui avait étudié la concentration de la presse en 2001, trois groupes contrôlent l'essentiel de la presse écrite francophone au Québec. Le groupe Transcontinental dominait le secteur des hebdomadaires avec 42 pour cent de parts de marché. Du côté des quotidiens, le Québec se retrouvait en situation de "duopole", Quebecor et Gesca se partageant 97 pour cent du tirage des journaux francophones québécois. C'est Le Devoir qui détenait le reste du lectorat, soit trois pour cent.
Bien que ce soit davantage la situation de la presse écrite qui ait alerté les députés en 2001, le rapport de la commission parlementaire avait fait allusion au groupe Quebecor, qui a depuis pris le contrôle du réseau télévisé TVA, du principal câblodistributeur Videotron, et de plusieurs entreprises d'édition de livres et de disques.