Riyad attend apparemment d'obtenir la promesse de ce que cette rencontre relancera les négociations sur les sujets les plus sensibles, tels que les frontières du futur Etat palestinien, le statut de Jérusalem-Est et le sort des millions de réfugiés palestiniens.
C'est l'Arabie saoudite qui avait présenté en 2002 un plan de paix, relancé en mars dernier, qui offrait de normaliser les relations avec Israël en échange d'un retrait total des territoires arabes occupées depuis la guerre des Six-Jours de 1967, de la création d'un Etat palestinien et du règlement de la question des réfugiés palestiniens. Israël a fait part de ses réserves envers de nombreux points du plan, notamment sur la question des réfugiés.
La participation de la Syrie restait incertaine également mais Damas semblait disposé à plus de souplesse sur les conditions de l'envoi d'une délégation.
Les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils souhaitaient la présence de délégations de haut niveau des principaux pays arabes afin qu'ils apportent leur soutien à une reprise des négociations israélo-palestiniennes bloquées depuis 2001.
Mais Washington se heurte au scepticisme de nombre de ces pays, qui craignent que le gouvernement du président George Bush, après des années de réticence à s'impliquer dans le dossier, ne cherche à se mettre en avant en utilisant le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas sans exiger qu'Israël s'engage sur l'exigence centrale des pays arabes: le retrait des territoires capturés par la guerre des Six-Jours en 1967. L'Arabie saoudite exige que cette condition figure dans tout accord.
Riyad et les autres pays arabes qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques avec Israël craignent aussi que la conférence ne soit une tentative de leur forcer la main pour qu'ils aient des contacts avec l'Etat hébreu avant que celui-ci n'accepte la proposition d'accord arabe de 2002.
Des pays comme l'Egypte demandent aussi des garanties de vérification du respect de toute promesse ou calendrier. Le président Hosni Moubarak, d'abord sceptique, tente désormais de bâtir un consensus arabe autour de la conférence d'Annapolis.
Il devait recevoir les dirigeants jordaniens et palestiniens jeudi dans la station balnéaire de Charm el-Cheikh, sur la mer Rouge. Mais selon un diplomate arabe ayant requis l'anonymat, l'Arabie saoudite et la Syrie ont décliné l'invitation, invoquant la crise politique au Liban.
Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe devraient adopter une position commune vendredi lors d'une réunion extraordinaire, après laquelle les pays diront s'ils participent, et à quel niveau de représentation, à Annapolis. Pour l'heure, seule l'Egypte et les Emirats arabes unis sont attendus avec certitude mais la Jordanie devrait dire oui. Les réticences arabes ont engendré une certaine tension avec les Palestiniens, qui souhaitent se rendre à Annapolis quelle que soit la position de la Ligue arabe.
Le Premier ministre israélien Ehoud Olmert a promis mardi après une rencontre avec le président égyptien que les négociations lancées à la conférence porteraient sur toutes les questions clefs du processus de paix, prendrait en compte le plan de paix arabe et pourraient même aboutir à un accord de paix définitif en 2008.