Tout a commencé dans la matinée lorsqu'un porte-parole du gouvernement irakien a annoncé que les autorités irakiennes avaient reçu des informations selon lesquelles le chef d'Al-Qaïda en Irak aurait été tué par les hommes d'un clan sunnite ou par un groupe extrémiste rival. Mais, simultanément, le gouvernement reconnaissait ne pas être en mesure de confirmer l'information dans l'immédiat.
De fait, après une journée d'interrogations, l'incertitude était toujours de mise en début de soirée. D'autant qu'entre-temps, un groupe militant proche d'Al-Qaïda a démenti, via un communiqué sur Internet, la mort d'Abou Hamza al-Mouhajer, plus connu sous le pseudonyme d'Abou Ayoub al-Masri.
"L'Etat islamique en Irak rassure l'oumma (la communauté des croyants, NDLR): le cheikh Abou Hamza al-Mouhajer, que Dieu le protège, est vivant et combat toujours l'ennemi de Dieu", affirme ce groupe regroupant plusieurs mouvements de la résistance irakienne, dont Al-Qaïda dans ce communiqué écrit diffusé sur un site Web fréquemment utilisé par la rébellion.
Abou Ayoub al-Masri, militant égyptien, a pris la direction du réseau terroriste après avoir été adoubé par Oussama ben Laden après la mort d'Abou Moussab al-Zarqaoui en juin dernier dans un raid aérien américain sur la province de Diyala.
Dans le passé, les autorités irakiennes ont déjà diffusé des informations similaires, avant de devoir reconnaître qu'elles étaient inexactes.
Et les autorités américaines préféraient rester prudentes. Un porte-parole, le lieutenant-colonel Christopher Garver, a précisé que les forces américaines étaient en train de se renseigner. "Bien entendu, j'espère que c'est vrai", a dit le lieutenant-colonel Garver en rappelant cependant que les informations précédentes sur la mort de Masri n'avaient pas été avérées. "Nous voulons rester très prudents avant de pouvoir confirmer ou infirmer une information de cet ordre".
Même prudence de l'ambassadeur américain à Bagdad. Lors d'une téléconférence avec des journalistes à Washington, Ryan Crocker a dit lui aussi que les autorités américaines cherchaient à en savoir plus. Tout en estimant qu'il s'agirait d'un "développement important et positif", l'ambassadeur a reconnu que, même avérée, cette mort n'aurait pas un impact immédiat sur l'activité d'Al-Qaïda en Irak.
"Je ne m'attends d'aucune façon à ce que cela mette un terme aux activités d'Al-Qaïda en Irak. Nous avons vu que l'organisation s'est adaptée à la mort de Zarqaoui", a fait remarquer M. Crocker.
Lors de l'annonce faite dans la matinée, le porte-parole du gouvernement irakien, Ali al-Dabbagh, a précisé que cette information sur la mort supposée de Masri était basée sur "des renseignements militaires", ajoutant que "les tests ADN doivent être pratiqués et nous devons trouver pour identifier le corps".
Toutefois, s'abritant derrière des consignes strictes de sécurité, il a refusé de dire si les forces irakiennes de sécurité avaient bien en leur possession le corps du terroriste. Selon le vice-Premier ministre Barham Saleh, Abou Ayoub al-Masri aurait été tué lundi dans le secteur de Taji, au nord de Bagdad, lors d'une bataille impliquant des groupes de la rébellion, "possiblement des membres de tribus ayant des problèmes avec Al-Qaïda".
Sur le front des violences quotidiennes, des hommes armés ont tendu des embuscades mardi à des voyageurs qui circulaient sur une route à grande circulation reliant Bagdad aux régions chiites au sud de la capitale irakienne, faisant au moins 14 morts. AP