Aux 132 sièges remportés au Majlis lors du premier tour en mars, les conservateurs en ont ajouté 38, et conserveront donc leur majorité avec 170 sièges sur les 290 que compte le Parlement, selon les résultats du ministère de l'Intérieur.
Dans le camp conservateur partagé entre partisans et détracteurs de Mahmoud Ahmadinejad, les soutiens du président ont ajouté 27 sièges aux 90 déjà gagné, et ses critiques 11 à leurs 42 précédents. Les réformateurs ont gagné 15 sièges et en totalisent désormais 46, soit six de plus que lors de la précédente législature. Les indépendants ont obtenu 32 sièges en plus des 39 raflés au premier tour.
Le ministère de l'Intérieur a indiqué que la participation au second tour avait été de 26% au niveau national, contre 60% au premier tour.
Même si les conservateurs conservent leur majorité, les conservateurs modérés hostiles à Ahmadinejad montent en puissance, signe du mécontentement croissant suscité par le style enflammé du président, qui s'est montré jusqu'ici incapable de redresser l'économie du pays. Les résultats de samedi indiquent que le président sera plus vulnérable en vue d'une éventuelle réélection l'année prochaine.
Les réformateurs, qui prônent une réduction du pouvoir des mollahs et une plus grande tolérance et liberté dans la société et l'économie, ont de leur côté réussi un score honorable compte tenu des obstacles posés par le pouvoir, qui avait empêché la majeure partie de leurs candidats de se présenter.
Les réformateurs ont ainsi remporté 31 sièges au premier tour, alors que le Conseil des Gardiens avait invalidé la candidature d'environ 1.700 candidats, pour la plupart des réformateurs accusés de manquer de loyauté envers l'Islam et la Révolution islamique de 1979. Après n'avoir pu présenter des candidats que dans la moitié des circonscriptions dans tout le pays, les réformateurs ont dénoncé un scrutin ni juste ni équitable. Les indépendants avaient remporté 39 sièges au premier tour.