"Je n'ai pas le sentiment que la population du Canada - et notamment la population du Québec - a le désir d'engager, dans un futur proche, un débat constitutionnel et le gouvernement n'a aucun projet dans ce domaine", a-t-il déclaré.
La semaine dernière, le ministre fédéral du Travail, Jean-Pierre Blackburn, avait pourtant évoqué la possibilité de rouvrir la Constitution afin de reconnaître le Québec en tant que nation au sein du Canada, pour peu que les conservateurs obtiennent la majorité au gouvernement lors de prochaines élections.
La proposition avait provoqué l'ire des partis d'opposition, des gouvernements provinciaux et de certains ministres conservateurs qui craignaient un nouvel imbroglio constitutionnel et politique.
Pour le chef libéral Stéphane Dion, entretenir de tels espoirs est dangereux pour l'unité du pays, à moins qu'existe une réelle volonté de faire aboutir le débat constitutionnel.
La réouverture de la Constitution comporte des risques politiques non négligeables. La dernière tentative - sous Brian Mulroney - a laissé un souvenir cuisant aux conservateurs.
Les négociations du Lac Meech en 1990 puis de Charlottetown en 1992 avaient conduit à l'implosion du parti fédéral conservateur, à la création du Bloc québécois, à la montée en puissance du Parti réformiste du Canada et mené les souverainistes québécois au seuil de la victoire lors du référendum de 1995.