Edward Greenspan a tout d'abord obtenu de la Cour d'appel de l'Ontario que l'extradition de Schreiber, prévue pour samedi, soit suspendue. Il a ensuite laissé entendre que le premier ministre Stephen Harper est au nombre de ceux qui souhaitent voir son client quitter le territoire canadien.
"Je pense qu'il y a des gens au pouvoir à Ottawa qui veulent se débarrasser de lui", a-t-il déclaré à l'extérieur du tribunal ontarien.
Me Greenspan a souligné que l'extradition de Schreiber était devenue plus "politique" que "juridique". Il a ajouté ne plus vraiment croire qu'une enquête publique aura lieu.
"On dirait que le premier ministre (...) même s'il l'a demandée (l'enquête publique) et même si l'ancien premier ministre Brian Mulroney (en veut une), le ministre de la Justice a fait tout en son pouvoir pour expulser M. Schreiber avant l'enquête, a-t-il lancé. On dirait que c'est un effort concerté pour donner l'impression qu'ils veulent une commission d'enquête. Mais ce qu'ils veulent vraiment c'est M. Schreiber hors du pays."
Quand on lui a demandé qui, du ministre Nicholson ou du premier ministre Harper, tire vraiment les ficelles, il a répondu: "Je ne suis pas un politicien, mais l'un d'eux est premier ministre."
A Ottawa, Schreiber a été escorté par les policiers jusqu'à son domicile vendredi. Le comité d'éthique de la Chambre des communes, devant qui il a comparu jeudi, avait ordonné qu'il puisse aller y récupérer des documents reliés à son témoignage.
L'ordre du tribunal ontarien signifie que Schreiber demeurera au Canada en attendant que la Cour suprême se soit prononcée sur son sort.
Schreiber est recherché pour fraude et évasion fiscale en Allemagne. La prochaine étape de son épopée judiciaire sera maintenant de tenter d'obtenir une libération sous caution. Me Greenspan a déjà indiqué que si le ministère de la Justice refuse à son client une telle libération, il s'adressera à la Cour d'appel mardi ou mercredi pour tenter de l'obtenir.
Jeudi, Karlheinz Schreiber s'est présenté devant les membres au comité qui voulaient en savoir davantage sur ses liens avec l'ancien premier ministre Brian Mulroney. M. Schreiber a dit peu de choses, mais il a néanmoins déclaré qu'il devait donner 500 000 $ à Brian Mulroney pour ne lui verser finalement que 300 000 $ parce qu'il n'a pas fait le travail relatif à l'installation d'une usine de camions militaires en Nouvelle-Ecosse. Il devrait revenir devant le comité parlementaire mardi.