"S'il (le gouvernement libéral minoritaire) n'accepte pas nos propositions, nous pourrions appuyer la tenue d'une élection rapidement", a dit la chef péquiste, en conférence de presse à l'Assemblée nationale.
Mais pour renverser le gouvernement, le Parti québécois a besoin de l'appui de l'Action démocratique. Or, jusqu'à maintenant, l'opposition officielle refuse de faire front commun avec le PQ sur la question de la forêt.
"Nous sommes déçus de l'attitude de l'ADQ", a commenté Mme Marois, qui entend néanmoins aborder le dossier de la crise forestère en priorité dès la rentrée parlementaire mardi prochain.
"Il y a urgence d'agir", a-t-elle martelé, rappelant que l'effondrement de l'industrie forestière a entraîné jusqu'à présent la perte de plus de 10 500 emplois directs et la fermeture en régions de près de 160 entreprises.
Malgré cela, tous les programmes d'aide rendus disponibles par Québec depuis 2005 ont échoué lamentablement à améliorer le sort des travailleurs et de l'industrie, a-t-elle avancé. Selon elle, le gouvernement Charest a baissé les bras devant la crise, laissant les régions "s'entredéchirer" pour tenter de sauver ce qui reste de possibilité de coupe.
"Il (le gouvernement) laisse les acteurs du milieu s'entredéchirer entre eux pour tenter de sauver leur CAAF (contrat d'approvisionnement et d'aménagement forestier), pour sauver leur usine, pour sauver leurs emplois. On désolidarise les régions, les municipalités, les MRC. C'est absolument inadmissible à mon point de vue", a-t-elle fait valoir.
La leader du deuxième groupe d'opposition somme les libéraux de retourner à leur table à dessin et de présenter un nouveau bouquet de mesures pour amoindrir l'impact de la crise.
En outre, le Parti québécois réclame un meilleur accès aux programmes de formation pour les employés touchés, la mise en oeuvre d'un mode de gestion destiné à abaisser le coût de la fibre, l'adoption d'une charte de la construction pour assurer un minimum d'utilisation du "bois québécois" dans l'industrie et l'instauration d'une redevance sur l'exploitation du bois à pâte.
Ces mesures s'inspirent de celles adoptées par l'Ontario et la Colombie-Britannique, deux provinces qui ont fait mieux que le Québec pour juguler la crise, a estimé Mme Marois.
La chef du PQ aura une meilleure idée des intentions du gouvernement d'ici quelques semaines puisque le ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, doit déposer un projet de réforme du régime forestier. Le projet de loi, toujours en gestation, comportera 11 pistes de "simplification administrative" visant à diminuer les coûts d'exploitation des entreprises.