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Vendredi 20 jui 2007 | 09:13

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La crise Londres-Moscou, point d'orgue de tensions déjà existantes -

LONDRES (AP) - Peu après son élection au Kremlin en 2000, Vladimir Poutine avait rencontré l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair pour une bière dans un restaurant de Moscou. On pouvait alors espérer de bonnes relations entre leurs deux pays. Mais celles-ci n'ont jamais décollé et désormais la tension est à son comble.


Chaque partie accusant l'autre de lui avoir manqué de respect, il est difficile de savoir si elles seront capables de ravaler leur fierté pour obtenir un compromis. Les experts pensent même qu'une longue période de turbulences est à prévoir.

Fin 2002, l'époque de la bière était définitivement révolue. MM. Poutine et Blair marchaient ensemble sous l'oeil des caméras dans la résidence du président russe, avant de tenir une conférence de presse au cours de laquelle ils affichaient clairement leurs désaccords sur les mesures à prendre vis-à-vis du régime de Saddam Hussein.

Après le début de la guerre en Irak en mars 2003, Moscou avait fait part de sa farouche opposition au conflit. Et les désaccords ont commencé à se multiplier. La Russie en a voulu à la Grande-Bretagne d'accorder l'asile politique au magnat russe Boris Bérézovski et à l'émissaire des séparatistes tchétchènes, Akhmed Zakaïev.

Comme d'autres pays occidentaux, la Grande-Bretagne a eu des mots encourageants pour les révolutions en Géorgie et en Ukraine, perçues par Poutine comme des tentatives de déstabiliser son régime. Enfin, Moscou a accusé des diplomates britanniques d'espionnage et de financer des organisations hostiles au Kremlin.

Puis, en novembre, est survenu le meurtre par empoisonnement de l'ancien espion russe Alexandre Litvinenko à Londres. Le Royaume-Uni a dépêché des enquêteurs en Russie mais ils n'ont pas été autorisés à interroger des suspects. Après avoir identifié l'homme d'affaires Andreï Lougovoï comme principal suspect et demandé son extradition, Londres s'est vu opposer une fin de non-recevoir, Moscou affirmant que sa Constitution empêchait une telle mesure.

Tony Blair, dont les efforts pour épargner la Russie ont été jugés obséquieux par beaucoup, a quitté le 10 Downing Street fin juin. Le gouvernement de son successeur Gordon Brown a ordonné l'expulsion de quatre diplomates russes en représailles au refus de Moscou; et Moscou l'a imité jeudi. L'affaire rappelle étrangement la Guerre froide.

Les deux camps se sentent "trop injuriés pour rechercher une réconciliation", estime Natalia Leshchenko, experte à l'institut de réflexion britannique Global Insight. Elle prédit que Londres et Moscou vont consacrer les prochaines semaines à dresser la liste de leurs doléances avant de pouvoir accomplir un pas en direction de l'autre.

Pour l'heure, de hauts responsables des deux parties estiment que c'est à l'autre de faire ce premier pas. L'ambassadeur de Russie à Londres, Iouri Fedotov, affirme que le règlement de la crise dépend de "la volonté politique de la Grande-Bretagne". C'est "une question pour le gouvernement russe", réplique le porte-parole de Brown.

Boris Bérézovski a estimé que la crise pourrait éventuellement être résolue si Lougovoï et lui étaient jugés dans un pays tiers. Une idée rejetée par la Grande-Bretagne et il est plus que probable que la Russie suive le même chemin.

L'argent pourrait finalement réconcilier les deux pays. Les compagnies britanniques ont investi à hauteur de 12 milliards de dollars (9,2 milliards d'euros) en Russie, et la Grande-Bretagne est un client fondamental pour le pétrole, le gaz et les métaux précieux russes. Mais le Royaume-Uni a prévenu mercredi qu'il ne voyait qu'un seul moyen de résoudre le conflit. "Le but final, c'est la coopération de la Russie", a déclaré le ministre des Affaires européennes Jim Murphy. "Et l'extradition d'un individu."

PC

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