Le roi, qui avait interrompu ses vacances en France pour regagner la Belgique jeudi soir, devrait donc soit poursuivre lui-même les négociations, soit choisir un autre "formateur" et demander à un responsable politique wallon d'entamer de nouvelles consultations.
M. Leterme avait été chargé de constituer un nouveau gouvernement après la victoire de son Parti démocrate-chrétien flamand (CD&V) et des Libéraux aux législatives du 10 juin, une potentielle coalition "orange bleue" avec les wallons.
Mais à l'issue de cinq semaines, les négociations entamées entre le CDV et les Libéraux flamands d'un côté, et leurs partis correspondants wallons de l'autre, se sont achevées sans résultat dans la nuit de mercredi à jeudi vers quatre heures du matin. Les formations s'opposent sur la répartition des pouvoirs entre l'Etat et les deux régions linguistiques du royaume.
Jeudi, Yves Leterme a donc jugé "momentanément impossible d'arriver à mettre au point un programme gouvernemental ambitieux" et en a pris acte en rendant au roi son tablier de "formateur".
Les Wallons rejettent la demande des partis flamands qui souhaitent une plus grande autonomie des communautés, notamment en matière d'emploi, de transports et de justice. Ils sont généralement opposés à une décentralisation accrue, de peur qu'elle n'ouvre la voie au démantèlement de l'Etat belge.
Après l'échec d'une série de consultations menées par le roi le week-end dernier, le chef de file des libéraux francophones, Didier Reynders, avait donné à Yves Leterme jusqu'à jeudi pour élaborer une plate-forme gouvernementale et proposer une solution sur la question de l'autonomie.
La Belgique, Etat fédéral, se divise en trois régions depuis 1993: les Flandres, la Wallonie et Bruxelles-capitale. Les communautés sont actuellement compétentes dans des secteurs comme le logement, le commerce et la culture.
Les laborieuses tractations pour la constitution d'un gouvernement ont coïncidé avec une série de manifestations organisées par les nationalistes flamands. Dimanche, ils étaient près de 5.000 rassemblés pour écouter des discours enflammés appelant le parlement de Flandres à déclarer l'indépendance. Un rassemblement encore plus important est prévu ce prochain week-end.