Les candidats des deux partis tentent de plus en plus de séduire l'électorat hispanique, ce qui démontre l'importance que prend cette communauté en plein essor, la plus importante minorité du pays, dans cette campagne présidentielle 2008.
Les questions étaient posées aux candidats en espagnol, ces derniers ayant une oreillette leur permettant d'avoir simultanément la traduction en anglais. Leurs réponses, obligatoirement en anglais, étaient traduites et retransmises en espagnol. Les téléspectateurs anglophones pouvaient suivre le débat grâce à des sous-titres.
Le gouverneur du Nouveau-Mexique, l'Hispanique Bill Richardson, l'un des deux candidats parlant couramment espagnol, s'est plaint de s'être vu obligé de répondre aux questions en anglais. La règle avait été instituée pour éviter qu'un candidat ne profite de sa maîtrise de la langue pour prendre l'avantage sur ses concurrents auprès des téléspectateurs hispanophones.
"Je suis déçu qu'aujourd'hui les 43 millions de latinos de ce pays n'aient pas eu la possibilité d'entendre un des leurs parler espagnol", a déclaré le candidat, né aux Etats-Unis mais qui a grandi à Mexico.
Le sénateur Christopher Dodd, qui parle lui aussi l'espagnol pour avoir servi dans les Peace Corps en République Dominicaine, avait également dénoncé cette règle.
Le principal thème abordé a été le retrait des troupes américaines d'Irak, la minorité hispanique étant particulièrement opposée à cette guerre. Selon les organisateurs du débat, deux tiers des hispanophones souhaitent un retrait d'Irak.
L'immigration a elle aussi été au coeur du débat: les candidats se sont vus demander pourquoi ils étaient favorables à la construction d'un mur le long de la frontière mexicaine, et non à la mise en place d'une barrière similaire sur la frontière avec le Canada. Une question qui a semblé prendre légèrement au dépourvu les candidats.