L'Association des droits civils de la Colombie-Britannique a expliqué son désistement par le refus du juge Frank Iacobucci de tenir les audiences "significatives" en public.
Le juge Iacobucci doit faire la lumière sur la conduite des autorités canadiennes dans les dossiers d'Abdullah Almalki, Muayyed Nureddin et Ahman Abou-Elmaati, entre 2001 et 2004.
Il a été impossible de contacter John Laskin, avocat de la commission d'enquête, afin de connaître sa réaction face au retrait de l'association.
Contrairement aux travaux de la commission d'enquête sur la torture de Maher Arar en Syrie, les audiences de la commission présidée par le juge Iacobucci se passent presque totalement à huis clos.
Les avocats des trois hommes ont rappelé qu'au moment de rendre public le mandat accordé au juge Iacobucci, le gouvernement fédéral avait précisé que le magistrat était autorisé à prendre "toutes les mesures nécessaires pour veiller à ce (que la commission) se déroule en privé".
L'avocat de M. Almalki, Paul Copeland, a dit partager la frustration du regroupement de défense des droits de la personne, ajoutant que des discussions préliminaires avaient eu lieu au sujet de la possibilité pour son client de se retirer des procédures.
"Cela a été très difficile pour nous", a-t-il affirmé.
M. Almalki, un ingénieur en électronique d'Ottawa, a été appréhendé en Syrie en 2002. Il y a été détenu pendant 22 mois.
M. Abou-Elmaati, un camionneur de Toronto, a été arrêté lors d'une visite en Syrie en 2001, puis envoyé en Egypte au début de 2002. Il a été emprisonné dans ce pays pendant deux ans.
Quant à M. Nureddin, un géologue torontois, il a été détenu pendant 34 jours en Syrie, à la fin de 2003 et au début de 2004.