M. Medvedev obtiendrait plus de 70% des voix, selon des résultats partiels publiés par la Commission électorale centrale et portant sur 97% des circonscriptions. Deux des candidats battus ont immédiatement contesté les résultats, faisant état de fraudes.
Vladimir Poutine a déclaré dimanche soir que la victoire de Dimitri Medvedev garantissait la continuité de sa politique. De son côté, le président élu a promis de maintenir le cap tracé par son prédécesseur. Les deux hommes sont apparus côte à côte lors d'un concert organisé sur la Place rouge de Moscou.
"Notre candidat, Dimitri Anatolievitch Medvedev, a pris une ferme avance", s'est réjoui M. Poutine. "Je félicite Dimitri Anatolievitch et je lui souhaite du succès".
"Une telle victoire implique beaucoup d'obligations. Cette victoire servira de garantie que le cours que nous avons suivi ces huit dernières années, sera poursuivi", a ajouté le président sortant.
"Nous allons augmenter la stabilité, améliorer la qualité de vie et avancer sur le chemin que nous avons choisi", a renchéri M. Medvedev. "Nous allons être en mesure de préserver la voie du président Poutine".
La victoire de M. Medvedev ne faisait guère de doute avant même la tenue du scrutin, à l'issue d'une campagne minimaliste où les trois adversaires du poulain du Kremlin ont eu le plus grand mal à exister. L'élection du candidat du pouvoir devrait permettre à M. Poutine de garder une importante influence à Moscou, son successeur ayant d'ores et déjà annoncé qu'il en ferait son Premier ministre.
La seule question reste le degré d'indépendance dont jouira M. Medvedev. A la question de savoir qui dirigerait la diplomatie russe à l'avenir -le président ou le Premier ministre-, M. Medvedev a répondu tôt lundi lors d'une conférence de presse que "selon la Constitution, le président détermine la politique étrangère". Et déjà, le fait que le score de M. Medvedev s'approche des 71% enregistrés par M. Poutine à sa réélection en 2004 laissait planer le spectre d'une rivalité naissante...
Un sondage sortie des urnes réalisé par l'institut public VTsIOM confirmait les résultats partiels, chiffrant la victoire de M. Medvedev à 70,1% des voix. Selon ce sondage, le chef du Parti communiste Guennadi Ziouganov recueillait 16,8% des voix, suivi par l'ultranationaliste Vladimir Jirinovski, crédité de 11,4%. Le peu connu Andreï Bogdanov recueillait 1,7% des voix.
MM. Ziouganov et Jirinovski ont peu après la publication des premiers résultats affirmé que le scrutin avait été entaché de fraudes, annonçant qu'ils contesteraient les résultats devant les tribunaux. L'ONG Golos a déclaré dimanche avoir reçu de très nombreuses plaintes concernant des irrégularités.
A l'approche du scrutin, de nombreux militants et Russes en général ont fait état de pressions de la part de patrons sur leurs employés. L'opposition a dénoncé une mascarade dont le seul candidat libéral (gauche), l'ancien Premier ministre Mikhaïl Kassianov, et l'ancien champion d'échec et farouche détracteur du Kremlin Garry Kasparov, ont été exclus.
Plus de 109 millions d'électeurs, sur quelque 142,5 millions d'habitants, étaient appelés aux urnes dans les 96.000 bureaux de vote.
Le taux de participation était supérieur à 60% des électeurs inscrits à 19h, heure de Moscou (16h GMT, 17h à Paris), selon la Commission électorale centrale.
L'investiture de M. Medvedev aura lieu le 7 mai prochain, a déclaré son directeur de campagne dimanche soir. A 42 ans, il deviendra le plus jeune dirigeant russe depuis Alexandre Kerenski, Premier ministre à 36 ans dans les mois précédant la Révolution de 1917.
M. Medvedev sera surtout attendu sur l'économie, trop dépendante des ressources naturelles et affichant une inflation de plus de 11% l'an dernier qui freine l'essor d'une classe moyenne.
Le nouveau président a fait campagne sur des positions plus modérées que celles de son prédécesseur, évitant la rhétorique anti-occidentale de son mentor. Mais les observateurs soulignent qu'il a largement participé au politiques qui ont réduit la liberté de la presse et des partis d'opposition.