De passage à Québec, M. Dion a souligné que l'OTAN devrait envisager d'intervenir au Pakistan afin d'y débusquer les groupes talibans qui minent les efforts de reconstruction de l'Afghanistan, situé tout juste à l'ouest.
"S'ils (les leaders pakistanais) ne sont pas capables de le faire tout seul, c'est quelque chose que l'on pourrait envisager avec les forces de l'OTAN, comment aider le Pakistan à nous aider à pacifier l'Afghanistan", a dit M. Dion, en conférence de presse à Québec, au retour d'un court séjour en Afghanistan.
Mais la solution ne sera pas militaire, a ajouté aussitôt le député Denis Coderre, présent aux côtés de son chef.
"Cela ne se fera pas de façon militaire, cela se fera de façon diplomatique", a-t-il dit.
"Si le gouvernement pakistanais est incapable de régler le problème, il faut s'entendre avec lui. Sinon, ce que l'on fait en Afghanistan est en partie annulé par l'inaction au Pakistan", a renchéri M. Dion.
En soirée, le ministre de la Défense, Peter MacKay, a réagi aux propos de M. Dion en affirmant que celui-ci "ne peut être sérieux quand il suggère que l'OTAN intervienne dans un autre pays tout en affirmant du même souffle que le Canada devrait abandonner sa mission en Afghanistan".
"Il doit expliquer aux Canadiens pourquoi il veut une intervention (au Pakistan) tout en souhaitant tourner le dos à l'Afghanistan, qui demande et continue de demander l'aide du Canada", a dit le ministre MacKay.
Au sein de l'OTAN, il est connu depuis longtemps que la longue frontière commune - et à peu près non surveillée - entre l'Afghanistan et le Pakistan favorise la libre circulation des groupes d'insurgés entre les deux pays.
M. Dion plaide également pour un changement de cap de la mission afghane. A l'expiration de son engagement en février 2009, le Canada doit retirer ses troupes du champ de bataille pour qu'elles consacrent leurs énergies à soutenir les efforts de reconstruction du pays, a-t-il dit.