Le Fonds pour la prospérité et les industries de pointe permettrait de financer des projets de recherche et de développement qui pourraient revitaliser le secteur, actuellement en difficultés, a estimé M. Dion lors d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce de Hamilton, en Ontario.
Stéphane Dion a précisé avoir rencontré, au cours de la dernière année, des chefs d'entreprises et des dirigeants syndicaux, des premiers ministres et des environnementalistes pour discuter du secteur manufacturier.
"Ils apportent différents points de vue à la table, mais il y a un consensus sur un point: ils veulent tous voir le secteur manufacturier canadien devenir un leader dans les technologies vertes", a-t-il noté, faisant valoir que c'est précisément ce qu'accomplirait le fonds qu'il projette de mettre sur pied.
Avec les milliers d'emplois manufacturiers disparus ces dernières années, il est temps de faire plus que de réduire simplement les impôts des entreprises.
"Les réductions d'impôts ne sont pas suffisantes, a estimé M. Dion. Le gouvernement fédéral doit s'allier au secteur manufacturier pendant qu'il s'ajuste aux récents chocs économiques. Cela requiert des investissements stratégiques."
En plus du fonds pour la prospérité, les libéraux offriraient des crédits d'impôts pour appuyer la recherche du secteur privé.
"L'innovation est essentielle à la survie de nos industries, mais elle peut être une entreprise coûteuse, a-t-il indiqué. Nous voulons que chaque compagnie qui investit de l'argent en recherche et développement soit récompensée pour son innovation.
"En proposant des mesures incitatives pour que les compagnies continuent à investir en recherche et développement, le Parti libéral encouragera toutes les compagnies à innover, même si cette innovation ne mène pas immédiatement à la rentabilité."
M. Dion en a profité pour critiquer le premier ministre Stephen Harper et son gouvernement conservateur, affirmant qu'il n'avait aucune volonté d'encourager une économie verte. "S'il prévoit regarder le secteur manufacturier s'écrouler plutôt que de l'aider à évoluer, alors il ne sera pas à la hauteur du bon leadership auquel les gens s'attendent."
Le dirigeant du syndicat des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA), Buzz Hargrove, a applaudi le plan libéral. "Ce fonds offrirait une aide très souhaitable pour les fabricants en difficulté et les travailleurs qu'ils emploient, particulièrement dans l'industrie automobile, aux prises avec un commerce injuste, une économie américaine en ralentissement, un dollar vigoureux et des défis environnementaux."
Selon M. Hargrove, l'annonce du leader libéral est un changement rafraîchissant par rapport au gouvernement conservateur, qui, selon lui, ne fait qu'ignorer le fardeau des industries.