Les soldats, à bord d'un Humvee et agissant sur une dénonciation, avaient essayé d'intercepter le kamikaze qui roulait vers Mossoul (360km au nord-ouest de Bagdad). Ils ont ouvert le feu et cru avoir touché le conducteur, mais celui-ci a fait sauter ses explosifs alors que la patrouille arrivait près de lui. Toujours dans le nord, dans le quartier Mithaq de Mossoul, cheikh Ghanim Qassim, un dignitaire sunnite religieuse, a été abattu non loin de chez lui, a annoncé la police.
Deux soldats américains ont aussi été tués samedi, l'un dans la province de Diyala et l'autre dans le sud de Bagdad, a fait savoir l'armée américaine dans un communiqué. Dans le centre de Bagdad, des hommes armés ont ouvert le feu sur un poste de contrôle irakien, tuant un civil et en blessant quatre autres, selon la police.
Par ailleurs, un tribunal militaire américain a condamné samedi un soldat servant en Irak à cinq mois d'emprisonnement, rétrogradation hiérarchique et perte de sa solde pour avoir tenté de dissimuler les causes de la mort de deux civils irakiens. Jorge Sandoval, 22 ans, a été acquitté des charges de meurtre pesant sur lui après la mort de ces deux hommes non identifiés, l'un en avril, l'autre en mai. Il a en revanche été déclaré coupable d'avoir placé des explosifs sur l'un des corps pour faire passer la victime pour un kamikaze.
Sur le terrain politique, le vice-président irakien Adel Abdul-Mahdi a assuré samedi à Damas que son pays ne servirait pas de base pour le lancement d'attaques contre l'Iran ou la Syrie. M. Abdul-Mahdi a indiqué qu'il avait notamment abordé les questions de sécurité régionale lors de son entretien avec le président syrien Bachar el-Assad.
En réponse à la question d'un journaliste qui évoquait l'éventualité d'une frappe américaine contre l'Iran, il a répondu sèchement: "L'Irak n'acceptera pas que son territoire soit utilisé pour agresser un pays voisin". "L'Irak a une identité (arabe) à laquelle il tient et qu'il défendra", a-t-il ajouté devant la presse à l'issue de sa visite de trois jours en Syrie.
M. Abdul-Hadi a par ailleurs déclaré sans autre précision qu'il envisageait un retrait des troupes étrangères d'Irak d'ici la fin 2008. Il a enfin réaffirmé le rejet irakien d'une partition de l'Irak, comme l'avait proposé le Sénat américain.
Vendredi, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki avait déjà déclaré à l'Associated Press que la proposition du Sénat américain visant à diviser le pays en régions, en fonction de divisions ethniques ou religieuses, serait une "catastrophe".
"C'est une affaire irakienne qui ne concerne que les Irakiens", avait-il confié dans l'avion le ramenant de New York, où il s'était rendu à l'Assemblée générale de l'ONU, à Bagdad. "Les Irakiens désirent vivement l'unité de l'Irak (...) Diviser l'Irak est un problème, et une décision comme cela serait une catastrophe".