"J'attendais davantage et je suis donc déçu", a commenté devant la presse Javier Solana après sa rencontre de cinq heures avec le négociateur iranien à Londres. Ce nouvel échec pourrait entraîner de nouvelles sanctions onusiennes contre l'Iran, une option dont les cinq membres permanents du Conseil de sécurité doivent discuter samedi.
Juste avant M. Solana, Saïd Jalali avait évoqué un "bon" entretien, précisant qu'ils s'étaient mis d'accord pour se revoir en décembre.
Depuis l'ouverture des négociations entre l'Iran et l'Union européenne, le régime iranien a répété à plusieurs reprises, publiquement, qu'il n'avait pas l'intention de suspendre son programme d'enrichissement d'uranium. Soupçonné de vouloir se doter de l'arme nucléaire, Téhéran affirme agir à des fins civiles.
Samedi, les directeurs politiques de l'Allemagne et des cinq membres permanents du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Chine, Etats-Unis et Russie) se réunissent à Paris pour faire le point sur le dossier nucléaire iranien et définir les suites à y donner. Un représentant de Javier Solana sera présent.
Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband avait expliqué jeudi que les discussions "se poursuivaient" sur les termes d'une résolution imposant de nouvelles sanctions à l'Iran. "Il y a de nombreuses discussions en cours sur le contenu d'une résolution", a-t-il souligné en référence aux réticences de la Russie et de la Chine. Moscou et Pékin avaient déjà édulcoré les premiers trains de sanctions et s'interrogent sur l'utilité d'un nouveau texte.
Les deux premières séries de sanctions, imposées par le Conseil de sécurité en décembre 2006 puis mars dernier, n'ont pas fait plier l'Iran. A chaque fois, le régime du président iranien Mahmoud Ahmadinejad a étendu ses activités d'enrichissement d'uranium.
Les discussions ont été compliquées par la démission le mois dernier de l'ancien négociateur iranien Ali Larijani, considéré comme un pragmatique par les Occidentaux. Son successeur, le vice-ministre des Affaires étrangères Saïd Jalali, est un proche de Mahmoud Ahmadinejad.