En 1973, la prestigieuse institution lui avait accordé, pour "D'Amour, P.Q.", le Prix Georges-Dupau, une récompense disparue en 1989 après 50 ans d'existence.
"C'était inattendu", a dit Jacques Godbout, joint lundi à Montréal. "Mais j'avoue que je suis très agréablement étonné: une concierge chez la vieille dame du Quai de Conti me semble une rencontre inattendue et réjouissante."
Créé en 1994, le Prix Maurice-Genevois est destiné, précise l'académie, à un ouvrage "illustrant les valeurs morales et humaines qui ont guidé Maurice Genevoix, dans sa vie et dans son èuvre". L'année dernière, il avait été remis à l'écrivain guadeloupéen Daniel Maximin.
"La Concierge du Panthéon" narre les mésaventures d'un météorologue québécois qui décide à 48 ans de s'établir à Paris, en croyant que la plus littéraire des villes du monde l'aidera à écrire son premier roman.
En France, la "Concierge" a été assez bien accueillie. Lors de sa parution en octobre dernier, le roman avait notamment été remarqué par Bernard Pivot. Dans la chronique qu'il livre chaque semaine au Journal du dimanche, l'ancien animateur d'"Apostrophes" avait salué le "joli roman" de Godbout, jugeant qu'il dressait, à travers ses "facéties malicieuses", un portrait "à la fois tendre et moqueur, pédagogique et bouffon" de Paris.
Ancien secrétaire perpétuel de l'Académie française, Maurice Genevoix est mort en 1980 à l'âge de 90 ans. Marqué par la Première Guerre mondiale, amoureux des paysages de la Loire et de la Sologne, il a publié de son vivant une cinquantaine d'ouvrages. Il avait remporté le prix Goncourt en 1925 pour son roman "Raboliot".
Juste retour des choses, l'écrivain connaissait bien le Canada, qu'il avait traversé d'un océan à l'autre en 1939. Ce voyage lui avait inspiré au moins trois livres: "Canada", "Laframboise et Bellehumeur", portrait de deux trappeurs québécois, et "Eva Charlebois", l'histoire d'une jeune femme du Québec partie vivre dans l'ouest du pays.
Sa récompense sera remise à Jacques Godbout l'automne prochain, lors de la séance publique annuelle de l'institution.
Le Prix Maurice-Genevoix fait partie de la vingtaine de prix accordés chaque année par l'Académie française. Les plus prestigieux sont le Grand Prix du roman, décerné en 2006 à Jonathan Littel pour "Les Bienveillantes", et le Prix de la Francophonie.