Les bureaux de vote ont fermé à 16h locales et les résultats définitifs ne sont pas attendus avant vendredi. Selon les observateurs locaux et étrangers, le scrutin s'est déroulé dans le calme.
La plupart des analystes pronostiquent une victoire du Premier ministre Jose Ramos-Horta, lauréat du Prix Nobel de la Paix pour ses 24 ans de résistance non-violente à l'occupation indonésienne, sur l'ancien guérillero Francisco "Lu-Olo' Guterres.
Le principal journal local, "Suara Timor Lorosae", a même tablé sur un raz-de-marée électoral de 75% des voix en faveur de Ramos-Horta, se basant pour cela sur ses propres décomptes dans plusieurs bureaux de vote à travers le pays. Son gros titre affirme: "Merci Xanana, bienvenue Horta", en référence au président sortant, Xanana Gusmao.
Devenu Premier ministre de ce pays d'un million d'habitants, le dernier-né en Asie, José Ramos-Horta, 57 ans, souhaite succéder au président sortant, lequel convoiterait désormais le poste plus influent de Premier ministre lors des élections législatives du mois de juin.
Mais, le 9 avril, lors du premier tour de la présidentielle, un troisième homme, l'ex-guérillero Guterres, candidat du Fretilin (parti de gauche), était venu quelque peu troubler le jeu politique en terminant en tête avec 28% des voix, devant Ramos-Horta (22%) que certains observateurs s'attendaient pourtant à voir élu sans ballottage.
"Je serai président pour servir le peuple, résoudre la crise, établir la paix et la démocratie", a déclaré mercredi M. Guterres après avoir voté. "Je veux gagner avec dignité, mais si je perds, je l'accepterai également avec dignité."
M. Ramos-Horta qui a voté dans une ville à l'est de la capitale Dili, s'est de son côté déclaré "totalement serein". "Si je remporte l'élection, je gagnerai (...) une énorme responsabilité", a déclaré le candidat, portant un T-shirt à l'effigie de Jésus-Christ. "Mais si je perds, je gagnerai la liberté de faire ce que je souhaite, être écrivain, universitaire, touriste, voyager".
Lors du premier tour, le prix Nobel était opposé à sept autres qui ont su profiter du mécontentement des électeurs face au gouvernement actuel lors d'une campagne très disputée. La donne du second tour a changé puisque cinq des candidats éliminés au premier tour ont appelé à voter pour M. Ramos-Horta ce qui en fait le favori du scrutin de mercredi. Mais, M. Guterres, 52 ans, ne l'entend pas de cette oreille. "Je crois que nous allons gagner l'élection de mercredi", a prédit l'ex-guérillero.
Le Timor-Oriental, un des pays les plus pauvres d'Asie, est devenu indépendant en 1999 à l'issue d'un référendum qui a mis fin à un quart de siècle d'administration autoritaire indonésienne. Le pays a basculé dans le chaos l'an dernier après le renvoi par le Premier ministre d'alors, Mari Alkatiri, d'un tiers de l'armée à la suite d'une mutinerie. Des affrontements armés entre forces de sécurité rivales ont éclaté, débouchant rapidement sur une guerre des gangs et des pillages.
Une quarantaine de personnes ont été tuées et quelque 155.000 personnes ont fui leurs habitations, avant l'effondrement du gouvernement. Une force multinationale de paix sous l'égide des Nations unies et sous commandement australien a depuis ramené le calme.