Selon le procureur belge Serge Brammertz, les investigations des enquêteurs pour expliquer l'assassinat d'Hariri se portent plus que jamais sur les relations personnelles et politiques de l'ancien Premier ministre libanais avec les autorités du Liban, de la Syrie et d'autres pays.
L'hypothèse privilégiée par les enquêteurs est celle selon laquelle les événements qui ont accompagné l'adoption en septembre 2004 par le Conseil de sécurité des Nations unies d'une résolution qui visait à empêcher le président libanais pro-syrien Emile Lahoud d'obtenir un second mandat "ont joué un rôle déterminant dans l'émergence de l'environnement qui a favorisé l'apparition des motifs de l'assassinat d'Hariri", a ajouté M. Brammertz.
Le parlement libanais avait ignoré les recommandations du Conseil de sécurité et, quelques heures à peine après l'adoption de la résolution, avait voté l'amendement constitutionnel qui allait permettre à Lahoud de conserver son poste.
Selon le responsable onusien de l'enquête, l'Allemand Detlev Mehlis, la complexité de l'assassinat d'Hariri laisse supposer que les services de renseignement syrien et libanais y ont joué un rôle. Quatre généraux libanais et des hauts-responsables de la sécurité pro-syriens sont en état d'arrestation depuis 20 mois, accusés d'être impliqués dans l'assassinat.
M. Brammertz n'a pas commenté cette observation de Detlev Mehlis, et n'a donné aucun indice sur les personnes soupçonnées. Il a affirmé que la Syrie et d'autres pays continuent de fournir "des réponses globalement positives" aux demandes de collaboration dans le cadre de l'enquête.
Dans ce huitième rapport au Conseil de sécurité de l'ONU, M. Brammertz a signalé pour la première fois que la Commission d'enquête indépendante internationale allait transmettre ses dossiers et ses conclusions au tribunal international que le Conseil a établi unilatéralement le 30 mai pour juger les suspects de l'assassinat de Rafic Hariri.
Le Conseil de sécurité doit discuter du rapport de la Commission d'enquête le 19 juillet, selon la porte-parole adjointe de l'ONU Marie Okabe.