Ces individus ont été appréhendés dans la journée par la police espagnole à Barcelone, suite à des informations fournies par des agences de renseignements européennes. D'après le ministre, il existe des preuves indiquant que les suspects, 12 Pakistanais et deux Indiens, font partie d'un groupe qui serait en train de se préparer à commettre des attentats à Barcelone.
Les renseignements transmis par ces services étrangers non précisés ont indiqué qu'une action violente était en cours de préparation, a précisé Alfredo Perez Rubalcaba.
La plupart des interpellations ont eu lieu dans le quartier de Raval à Barcelone, à très forte majorité pakistanaise.
Le ministre de l'Intérieur n'a pas fourni de précisions sur le type d'attentat planifié, mais a expliqué que la police avait découvert à la faveur de perquisitions chez les suspects quatre retardateurs, mécanismes qui se connectent à des explosifs pour une mise à feu programmée. Selon lui, quand quelqu'un a ce type de matériel chez lui, "il n'y a pas d'autre option que de penser que des actions violentes sont en cours de préparation".
L'opération de samedi a été menée par la Garde civile en liaison avec le Centre national du renseignement. Cinq habitations ont été perquisitionnées et de nouvelles arrestations n'étaient pas à exclure, selon le ministre de l'Intérieur.
L'Espagne a été le théâtre des attentats les plus meurtriers commis sur le sol européen, le 11 mars 2004. Une série d'explosions simultanées ce jour-là dans les trains de passagers à Madrid en pleine heure de pointe avait fait 191 morts et plus de 1.800 blessés.
Vingt-et-une personnes ont été condamnées pour ces attentats, et des centaines de suspects ont été interpellées en Espagne ces dernières années, la police se concentrant sur des cellules soupçonnées de recruter des combattants et des kamikazes ou de collecter des fonds pour financer des groupes terroristes se réclamant d'Al-Qaïda.
L'arrestation du groupe intervient par ailleurs à quelques semaines des élections législatives espagnoles, prévues le 9 mars. Un scrutin qui s'annonce serré, les observateurs estimant qu'un attentat islamiste ou perpétré par les séparatistes basques pourrait influencer les résultats.
Le précédent scrutin législatif était en effet intervenu trois jours après les attentats de Madrid: le gouvernement du conservateur José Maria Aznar, très proche de Washington et ayant apporté son soutien à la guerre d'Irak, s'était fait battre par les socialistes. Son successeur José Luis Rodriguez Zapatero a rapidement rempli ses engagements et fait rentrer les forces espagnoles engagées en Irak.
Le quotidien "El Pais" a souligné que ces arrestations coïncidaient également avec l'arrivée en Europe du président pakistanais Pervez Musharraf, qui se rend ces prochains jours en France, en Grande-Bretagne et en Suisse, les services de ces pays ayant été alertés. Mais le ministre de l'Intérieur n'a pas même évoqué cette visite.
Selon la chaîne de télévision espagnole CNN+, des traces de produits chimiques ont été retrouvées au cours des perquisitions et vont être analysées. "El Pais" précise en outre que les forces de l'ordre ont perquisitionné une mosquée, plusieurs maisons et une salle de prières.