Selon le ministère nord-coréen des Affaires étrangères, cité par l'agence officielle KCNA, Washington a décidé de "retirer la République populaire démocratique de Corée de la liste des soutiens au terrorisme et de lever toutes les sanctions" économiques à son encontre. Les Etats-Unis n'avaient pas confirmé cette information dans l'immédiat.
La Corée du Nord figurait sur cette liste noire pour son implication supposée dans la destruction d'un avion de ligne sud-coréen en 1987 et la mort de ses 115 occupants. Les sanctions l'empêchaient d'obtenir des prêts à faibles taux auprès d'institutions financières comme la Banque mondiale ou le Fonds monétaire international.
Après la fixation par Pyongyang, pour la première fois, d'une ébauche de calendrier au démantèlement de ses programmes nucléaires, les prochaines discussions à Six, prévues au cours du mois de septembre entre les deux Corées, les Etats-Unis, la Chine, la Russie et le Japon devraient se dérouler sous de meilleures auspices.
Le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Song Min-soon a qualifié la réunion de Genève de "très positive". Toutefois, souligne-t-il, "nous devons être prudents au sujet de ces nouveaux développements".
De fait, le bras de fer sur le dossier est riche en rebondissements et retournements de situation depuis mars 1993. Soupçonné de mettre au point des armes nucléaires, le régime communiste avait alors annoncé son retrait du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP).
Dimanche à Genève, la Corée du Nord -que George W. Bush avait rangée en 2002 dans un "axe du mal" avec l'Irak et l'Iran-a fixé un calendrier de "mesures pratiques" en vue de "neutraliser (ses) installations nucléaires" d'ici la fin de l'année.
Les pourparlers du week-end à Genève ont été "positifs et tout à fait substantiels", s'est félicité le chef de la délégation américaine, le sous-secrétaire d'Etat pour l'Asie et le Pacifique, Christopher Hill.
"Nous sommes convenus que la République populaire démocratique de Corée fournisse un inventaire complet de ses programmes nucléaires et devra démanteler ses programmes nucléaires d'ici la fin de cette année 2007", a expliqué M. Hill à la presse. L'inventaire concernera également les programmes d'enrichissement d'uranium, dont Washington redoute l'utilisation pour la fabrication d'armes nucléaires.
"Quand nous disons tous les programmes nucléaires, nous voulons dire tous", a-t-il insisté, ajoutant: "Nous avons eu quelques bonnes discussions à ce sujet. Et nous allons continuer à en avoir (...) mais je ne veux pas entrer dans les détails". C'est la première fois que la Corée du Nord propose un calendrier pour rendre public l'inventaire de ses programmes nucléaires et procéder à leur démantèlement, a-t-il noté.
Le chef de la délégation nord-coréenne, Kim Gye Gwan, a de son côté souligné la volonté de son pays de coopérer, en échange de "compensations politiques et économiques".