Selon l'accord lu à haute voix dans la capitale burkinabè, les deux protagonistes se retrouveront pour former un nouveau gouvernement d'ici cinq semaines, prélude à la relance de certains programmes d'amnistie, la démilitarisation des milices loyalistes et l'établissement de certificats de naissance dans la perspective d'élections.
La Côte d'Ivoire est séparée en deux depuis la tentative de coup d'Etat contre le président en septembre 2002. Le gouvernement contrôle le sud et les rebelles le nord, tandis qu'une force mandatée par l'ONU patrouille dans la zone-tampon pour faire respecter le cessez-le-feu.
Laurent Gbagbo, maintenu à la tête de l'Etat avec le soutien de l'ONU afin d'assurer la transition jusqu'aux élections prévues pour octobre, a récemment tourné le dos aux accords de paix soutenus par les Nations unies et la France, préférant une médiation africaine et un "dialogue direct" avec son adversaire.
L'accord de dimanche semble d'ailleurs réduire le rôle de la communauté internationale en appelant à un réajustement de la zone-tampon pour la rendre plus aisément traversable ainsi qu'à la levée des sanctions visant des individus considérés comme les instigateurs des combats. "Maintenant, on peut envisager effectivement un retrait de la communauté internationale, sans doute progressif", a estimé dimanche sur France-Info la ministre française déléguée à la Coopération, Brigitte Girardin, jugeant que "les conditions sont réunies pour que les Ivoiriens arrivent à surmonter leurs difficultés".
Le texte a été élaboré par les négociateurs des deux camps, qui se retrouvaient depuis début février à Ouagadougou, sous l'égide du président du Burkina Faso, Blaise Compaoré. "C'est la paix par les Africains et j'en suis fier parce que tous les problèmes de l'Afrique peuvent trouver une solution ici, sur le continent", a lancé Laurent Gbagbo après la signature. Guillaume Sorro a assuré que ses forces respecteraient l'accord et que "la paix (était) tout à fait possible en Côte d'Ivoire".
On ignorait si l'actuel Premier ministre Charles Konan Banny, dont l'ONU a renforcé les pouvoirs fin 2006 pour accélérer l'organisation des élections et empêcher le président de contrôler tout le processus, conservera ses fonctions dans le nouveau gouvernement.
L'un des principaux obstacles au scrutin plusieurs fois repoussé résidait dans l'attribution des cartes d'identité qui détermineront qui peut ou non voter. Les rebelles exigeaient des garanties avant de rendre les armes.