Les députés ont apporté leur soutien à Saakachvili par 149 voix pour et aucune contre, tandis que les députés de l'opposition boycottaient le vote. Le parlement compte 235 sièges.
On ne savait pas exactement comment ce vote influerait sur l'engagement fait par le président de lever rapidement cet état d'urgence imposé mercredi.
Le président Saakachvili, tentant de maîtriser la crise et prenant semble-t-il l'opposition de court, avait annoncé jeudi la tenue d'une élection présidentielle anticipée pour début janvier.
Annonçant également l'organisation d'un référendum pour fixer la date des prochaines législatives, qui avaient été repoussées à la fin 2008, il avait également promis la levée de l'état d'urgence dans les prochains jours, "car la situation en Géorgie se stabilise rapidement".
Mikhaïl Saakachvili avait instauré l'état d'urgence la veille en raison des manifestations violentes entre opposition et forces anti-émeutes qui avaient les jours précédents provoqué le chaos au coeur de Tbilissi.
Vendredi, on voyait beaucoup moins de voitures de police et de membres de la sécurité dans les rues du centre-ville. La principale artère de la capitale géorgienne, l'avenue Roustaveli, était rouverte à la circulation et aux piétons.
Les responsables de l'opposition ont indiqué qu'ils cesseront les manifestations de rue lorsqu'ils entameront les discussions en vue de s'unir sur une seule candidature contre Saakachvili. Beaucoup d'observateurs estiment que l'opposition très fragmentée manque du temps et des ressources nécessaires pour représenter une vraie menace contre le président géorgien.
"Nous n'avons pas l'intention de prendre les rues et d'organiser des manifestations parce que le dialogue (avec les autorités) a déjà débuté", a indiqué Georgy Khaindrava, un ancien ministre, leader du Conseil national pour l'Opposition unie.
La Géorgie a connu six jours de manifestations devant le parlement, la pire crise politique dans le pays depuis que le pro-occidental Saakachvili a été porté au pouvoir par la révolution des roses en 2003.
A l'origine du mouvement, qui a commencé vendredi dernier, les manifestants réclamaient des changements du calendrier et du système électoral géorgien. Ils ont exigé ensuite le départ de Mikhaïl Saakachvili, ce dernier ayant rejeté en bloc leurs revendications et accusé les chefs du mouvement d'être à la solde du Kremlin.
La popularité de Saakachvili a décliné ces dernières années en raison de son échec à juguler la pauvreté dans le pays tout comme la corruption. Nombreux sont également ceux qui l'accusent de glisser vers l'autoritarisme et de chercher à museler toutes critiques.