Dans une entrevue accordée samedi après-midi, le vétéran de la scène a soutenu que les Néo-Montréalais gardent leur patrimoine culturel sans s'intégrer.
"La difficulté principale à Montréal, une ville très intéressante, très cosmopolite, (est que) les Néo-Montréalais considèrent l'élément français de la population comme d'autres immigrants comme eux, pas plus, et ces gens-là ne viennent pas dans nos théâtres", a-t-il expliqué au terme d'une conférence de presse sur la réfection du théâtre Denise-Pelletier. Frère de la comédienne qui a laissé son nom à cet établissement, Gilles Pelletier est aussi un des cofondateurs de l'ancêtre de ce théâtre, la Nouvelle Compagnie théâtrale.
Selon lui, c'est toujours le même petit noyau de francophones qui fréquente les lieux dramaturgiques et les créations québécoises n'intéressent pas nécessairement les familles grecques, par exemple.
"Peut-être que ça changera avec la francisation dans l'éducation, et peut-être que les gens s'intégreront plus à notre culture, mais pour le moment, les Italiens vont chez les Italiens, les Grecs vont chez les Grecs, les juifs vont chez les juifs."
Il n'en retient aucune amertume toutefois, puisqu'il considère qu'un endroit cosmopolite où les cultures peuvent vivre sans s'entre-détruire constitue une richesse. En ce sens, le problème des accommodements raisonnables ne se pose vraiment pas à Montréal, où les cultures se voisinent facilement.
"Les accommodements sont faciles" à Montréal, a-t-il confié. Se définissant comme un homme de la campagne, il a toujours constaté que le Québec rural et Montréal sont "deux entités complètement différentes".
"J'ai vécu dans le Québec rural plus qu'à Montréal. Montréal, c'est mon travail. Mais ma vie, mon pays, ma patrie, c'est le Québec, et ça à Montréal, ça n'existe pas, étant donné la mosaïque culturelle."
Connu pour ses convictions nationalistes, M. Pelletier juge que la souveraineté n'est plus "inéluctable" depuis le référendum de 1980, mais "on ne peut préjuger des descendant ou deviner l'avenir".