La FMSQ a fait savoir dimanche qu'elle contestera en Cour supérieure la légitimité du Conseil des services essentiels dans le bras de fer qui l'oppose au gouvernement, mais entre-temps, elle exercera ses moyens de pression dans les limites des ordonnances rendues vendredi: les spécialistes ne se consacreront plus à certaines tâches médico-administratives peu ou pas rémunérées et ne se concentreront qu'à la formation des étudiants de troisième et quatrième années.
"On a fait preuve d'ouverture et on est un peu déçu de voir qu'il n'y en a pas beaucoup de la part de la FMSQ", a déploré en entrevue téléphonique Isabelle Merizzi, la porte-parole du ministre de la Santé Philippe Couillard.
Elle a rappelé "l'inquiétude" du gouvernement quant au refus des spécialistes de participer à certains comités d'hôpitaux, "qui dans le réel sont importants, par exemple, sur la prévention des infections. On voudrait que ces choses-là cessent".
De même, elle a exprimé sa déception pour les étudiants de première et deuxième années de médecine, non couverts par l'ordonnance du Conseil et qui sont déjà touchés par des moyens de pression qui se poursuivront.
"Les cours magistraux, l'apprentissage par raisonnement clinique, continuent d'être interrompus, on a beaucoup d'inquiétudes, a soulevé en conférence de presse le président de la Fédération médicale étudiante du Québec, Mathieu Dufour. Eventuellement, les stages vont reprendre, sauf que cela ne nous dit pas quand les stages vont reprendre. On nage dans l'incertitude."
Il a ajouté que les étudiants étaient "les victimes" et qu'ils étaient "impuissants", mais s'est réjoui de l'invitation du Conseil des services essentiels à négocier.
Pour sa part, le président de la Fédération des médecins résidents du Québec, Martin Bernier, a affirmé que "le statu quo est problématique", mais que ses membres soutenaient les revendications des spécialistes.
"C'est toute la qualité d'une cohorte qu'on met en péril, a-t-il commenté à RDI. Ils sont extrêmement déçus d'être placés dans cette situation-là, mais jusqu'à maintenant ils ont soutenu les revendications somme toute légitimes des spécialistes. (...) Ils sont coincés entre l'arbre et l'écorce: les médecins résidents vont dans quelques années pour la plupart être des médecins spécialistes eux-mêmes. Ils ont tenté de s'adapter, mais visiblement il y a des limites à ce qu'on va pouvoir faire."
Enfin, Isabelle Merizzi a rappelé que la proposition salariale du gouvernement était "une offre de départ, avant le processus de médiation", que le gouvernement privilégie, au lieu de l'arbitrage exécutoire, favorisé par les spécialistes.
"La médiation est la voie à suivre, a-t-elle assuré. Il y a encore des gains potentiels. (La proposition actuelle), c'est le minimum qu'ils vont aller chercher. La médiation se termine par une entente."
Québec rejette l'arbitrage qui donnerait "la responsabilité à un tiers d'évaluer les finances publiques du gouvernement et de faire les choix budgétaires qui s'imposent", a dit Mme Merizzi.
Elle a ajouté que le gouvernement avait déjà ajouté 40 millions $ dans les activités d'enseignement et qu'il avait déjà signé une entente pour assumer les augmentations des primes d'assurance des spécialistes.
La porte-parole du ministre a précisé que la FMSQ sera rencontrée dans les prochains jours afin de "tenter un rapprochement entre les parties".