Lors de la période des questions, M. Dumont a soutenu que certains résultats de ces études, déposées il y a une semaine par l'Office québécois de la langue française, auraient pu être accessibles l'automne dernier lorsqu'une augmentation du nombre d'immigrants au Québec a été décidée.
Le chef adéquiste a annoncé que son parti avait l'intention de soumettre, mercredi, une motion pour annuler ces hausses, appuyées par le gouvernement et les députés du Parti québécois (PQ).
Citant les résultats d'une de ces études, M. Dumont a répété qu'ils démontraient à quel point l'immigration internationale contribue au déclin du pourcentage de francophones au Québec, particulièrement sur l'île de Montréal.
"Il m'apparaît qu'avec le nombre de signaux d'alarme qu'on a, il y a lieu aujourd'hui d'un appel à la prudence", a déclaré le chef adéquiste.
Le premier ministre Jean Charest a répondu que l'immigration était nécessaire à la société québécoise à cause du vieillissement de la population et des problèmes de pénuries de main-d'oeuvre.
Le recul de la présence francophone, notamment sur l'île de Montréal, s'explique par le faible taux de natalité que le Québec a connu pendant une longue période, a ajouté M. Charest.
"Il y a, sur cette question-là, une préoccupation de la part du gouvernement Québec, a déclaré M. Charest. Toute cette question de l'intégration des immigrants fera l'objet d'actions et de gestes posés par mon gouvernement."
La chef du deuxième groupe d'opposition à l'Assemblée nationale, Pauline Marois, a elle aussi critiqué le gouvernement concernant sa gestion des études.
La chef péquiste a accusé le gouvernement de M. Charest de se livrer à un "pitoyable cafouillage" sur la question de la langue française.
D'autre part, la ministre de la Culture Christine Saint-Pierre, qui est responsable de l'OQLF, a été accusée d'avoir manqué de transparence concernant les études.
Le leader de l'opposition officielle, Sébastien Proulx, a soutenu qu'elle s'est livrée à une opération de camouflage, ce dont Mme Saint-Pierre s'est défendue.
"La réalité, c'est le rapport qui a été déposé la semaine dernière avec les études qui sont là, a-t-elle dit. Tout est public. C'est la transparence totale."
Une controverse entourant la publication des données de l'OQLF avait éclaté, en janvier dernier, alors que l'auteur d'une des études, Marc Termote, avait accusé l'organisme de retarder la diffusion de certains résultats qui auraient pu être considérés comme alarmants pour la situation du français.
Au cours des derniers jours, de nombreuses critiques ont été formulées relativement à la façon dont les informations contenues dans ces études ont été rendues publiques.
Le président du Conseil supérieur de la langue française (CSLF), Conrad Ouellon, avait notamment blâmé son homologue de l'OQLF, France Boucher.
Il lui avait reproché de ne pas avoir donné d'appréciation sur l'état du français au Québec en déposant son bilan.
Mardi, le CSLF a annoncé qu'il allait se pencher plus avant sur les questions du français relativement à l'immigration ainsi que sur l'utilisation du français au travail.
M. Ouellon a réservé pour juin sa propre appréciation de la situation linguistique au Québec, qui fera l'objet d'un avis émis à Mme Saint-Pierre.
"Nous, la seule chose qui va nous intéresser, c'est de chercher des moyens d'amélioration, a-t-il dit lors d'un entretien. Et c'est là-dessus qu'on va jouer plutôt que sur cette espèce de discussion qui ne finit plus pour savoir: 'est-ce que c'est rose, est-ce que c'est gris'."