"C'est une catastrophe nationale", a déploré le président grec Karolos Papoulias, alors que, depuis cinq jours, les flammes ont détruit sur leur passage habitations, oliveraies, forêts, vergers, animaux sauvages et bétail.
Selon le porte-parole des pompiers Nikos Diamandis, 56 feux ont éclaté depuis lundi. Les incendies les plus importants sont concentrés dans les montagnes du Péloponnèse (sud) et sur l'île d'Eubée au nord d'Athènes. Les efforts vont essentiellement porter sur ces deux régions. Il a ajouté que 18 avions et 18 hélicoptères, dont quatre en provenance de Suisse, seront utilisés sur ces deux sites. Il s'est voulu "optimiste": "Nous espérons de bons résultats".
Les incendies ont ravagé environ 184.000 hectares de forêts et de végétation entre vendredi et lundi, selon les statistiques européennes. Ce chiffre est plus élevé que le nombre total d'hectares brûlés en 2000, pourtant considéré comme l'année la plus noire.
La Grèce se prépare également à subir les conséquences économiques des incendies. Le gouvernement a débloqué près d'un tiers d'un milliard d'euros pour faire face aux besoins immédiats. Mais le coût des dégâts devrait être beaucoup plus élevé, selon le ministère de l'Economie.
Malgré les progrès accomplis sur certains fronts, les incendies n'offrent aucun répit aux secours. La majeure partie des pompiers venus de 21 pays sont déployés dans le Péloponnèse. Un groupe de 55 soldats du feu israéliens participent aux opérations autour de Krestena, près du site antique d'Olympie, qui avait accueilli les premiers jeux olympiques de l'histoire. Mardi, le lieu a été rouvert aux visiteurs. Quelques touristes déambulaient dans le secteur calciné.
"Nous n'avons plus rien", pleure Katerina Andonopoulou, âgée de 76 ans, en se traînant d'Olympie jusqu'à sa maison calcinée dans le village voisin de Platano. Elle a ramassé des herbes pour nourrir ses cinq chèvres, seules survivantes sur un troupeau de 20. "Qui va nous aider maintenant?" demande-t-elle.
Dans de nombreux villages, des habitants prêts à tout pour sauver leur maison et leur gagne-pain refusent de prendre place dans les hélicoptères envoyés pour les évacuer. "Nous demandons à la population de rester calme et de respecter les ordres", plaide Nikos Diamandis. La protection civile a mis en garde mardi contre de nouveaux risques d'incendies, en raison des fortes chaleurs et des vents violents, notamment dans la région d'Athènes.
La Commission européenne envisage de former des équipes permanentes de secours qui pourraient apporter une aide rapide en cas de catastrophes naturelles, a précisé mardi la porte-parole de l'UE. Bruxelles pourrait présenter ses propositions d'ici la fin de l'année. En 2001, un centre de coordination avait été mis sur pied pour répondre rapidement aux demandes d'aide des pays membres.