Et le Québec, qui a longtemps eu un pourcentage d'immigrants inférieur à la moyenne canadienne, est en train d'effectuer un rattrapage rapide.
Selon Statcan, la province abrite actuellement plus de 850 000 personnes nées à l'étranger, soit 144 600 de plus qu'en 2001.
Les immigrants représentent désormais 11,5 pour cent de la population de la province, soit la proportion la plus forte jamais enregistrée dans l'histoire de la province, souligne l'analyste Hélène Maheux.
Ce pourcentage demeure toutefois largement inférieur à celui de l'Ontario, dont 28,3 pour cent des résidants sont nés à l'étranger.
En dépit des efforts faits par le Québec pour attirer des immigrants, c'est en effet sa voisine qui reste la terre de prédilection des nouveaux arrivants.
D'après Statistique Canada, 1,1 million de personnes se sont établies au pays entre 2001 et 2006. Plus de la moitié d'entre eux se sont installés dans cette province, comparativement à 17,5 pour cent au Québec.
Attirés par les villes
La quasi-totalité des immigrants au Canada s'installent en ville. A elles seules, les trois plus grandes régions métropolitaines du pays - Toronto, Vancouver et Montréal - attirent plus de 60 pour cent des étrangers.
A elle seule, la métropole québécoise a accueilli 165 300 nouveaux arrivants au Canada au cours de la dernière période de recensement. C'est plus qu'à tout autre moment au cours des 25 dernières années.
La population immigrante des villes de Québec et de Gatineau a toutefois aussi connu une augmentation au cours de la dernière période de recensement.
Les nouveaux arrivants viennent d'horizons extrêmement divers. En 2006, près de 60 pour cent d'entre eux provenaient d'Asie, y compris du Moyen-Orient. L'Europe, qui a longtemps fourni au Canada sa main-d'oeuvre, arrive désormais deuxième. De plus en plus arrivent aussi d'Amérique du Sud et d'Afrique.
Ce phénomène est en train de transformer le visage des villes qui doivent s'adapter afin de répondre aux besoins d'une population de plus en métissée, qui est responsable de l'essentiel de leur croissance démographique.
Pendant ce temps, les régions rurales où éloignées qui demeurent relativement homogènes voient leur population fondre.
Le fossé qui se creuse est à l'origine de tensions, exprimées à maintes reprises cet automne pendant la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables au Québec.
L'arrivée d'immigrants a aussi de profondes répercussions sur le paysage linguistique du pays. En effet, d'après Statcan, l'immense majorité des nouveaux arrivants n'ont ni le français ni l'anglais comme langue maternelle. Un million de personnes vivant au pays parlent des dialectes chinois, mais Statcan a recensé plus de 200 autres langues maternelles.
La situation est un peu différente au Québec, où quelque 17,5 pour cent des nouveaux arrivants au Québec ont appris le français dans leur tendre enfance et le parlent toujours.
Voici les points saillants des données du recensement sur l'immigration et la situation linguistique au pays, rendues publiques mardi par Statistique Canada.
-Près du cinquième des personnes vivant au Canada en 2006 étaient nées à l'étranger. C'est la proportion la plus élevée enregistrée depuis les années 1930;
-Cela fait du Canada un pays plus multiculturel que les Etats-Unis - où 12,5 pour cent de la population est née à l'étranger - mais moins que l'Australie;
-Plus de 60 pour cent des immigrants vivent dans les villes de Toronto, Vancouver et Montréal. A peine 5 pour cent s'établissent dans les régions rurales;
-La plupart des nouveaux arrivants au Canada proviennent d'Asie et du Moyen-Orient. L'Europe, qui a fourni au pays la majorité de ses immigrants tout au long du XXe siècle, se classe désormais deuxième;
-Environ 20 pour cent de la population canadienne n'a ni le français, ni l'anglais comme langue maternelle;
-Plus d'un million de personnes vivant au Canada ont l'un ou l'autre des dialectes chinois cpmme langue maternelle. Dans certaines banlieues de Toronto et de Vancouver, les anglophones sont maintenant minoritaires;
-Le français a perdu du terrain partout au pays, y compris au Québec. Cette situation est principalement attribuable à l'accélération de l'immigration; les francophones représentent désormais 22,1 pour cent de la population;
-Moins de 10 pour cent des anglophones du Canada parlent aussi français. A l'extérieur du Québec, la proportion chute à 7,4 pour cent;
-Parmi les francophones, 42,4 pour cent disaient pouvoir soutenir une conversation en anglais en 2006. Au Québec, un francophone sur trois se dit bilingue comparativement à 83,6 pour cent des francophones hors Québec;
-La proportion de francophones qui se sont dits bilingues a diminué depuis 2001 dans presque toutes les provinces. Statcan considère ce résultat comme une anomalie et croit qu'un courriel anonyme invitant les francophones hors Québec à se déclarer unilingues "pour protéger les services en français" pourrait être à l'origine de ce phénomène.