L'envolée du premier ministre est survenue quelques heures seulement après que le Sénat eût adopté huit lois, avant d'ajourner ses activités pour l'été. Mais M. Harper n'a pas perdu de temps à le remercier pour ce qu'il a fait, mais plutôt à décrier ce qu'il n'a pas fait.
M. Harper a dénoncé le fait que le Sénat n'ait pas adopté quatre lois désignées à combattre le crime et surtout, le projet de loi des conservateurs visant à limiter à huit ans au maximum le terme des sénateurs, un projet de loi que le Sénat - à majorité libérale - a décidé de mettre sur la glace indéfiniment.
"Ils freinent l'adoption d'importants projets de loi pour combattre le crime et font tout pour éliminer notre projet de loi visant à limiter le mandat des sénateurs à huit ans au lieu de 45 ans, a déclaré le premier ministre au cours d'un point de presse. Les Canadiens veulent des villes sécuritaires et des dirigeants responsables et ils ne toléreront pas qu'une institution leur mette des bâtons dans les roues."
M. Harper en voulait particulièrement aux sénateurs de ne pas avoir adopté un projet de loi qui ferait en sorte qu'il serait plus difficile d'obtenir une liberté sous condition pour les criminels ayant commis un crime avec une arme à feu.
"Ce projet de loi a reçu l'aval des corps policiers, des avocats de la Couronne, des maires des grandes villes, du NPD et des libéraux ontariens, a ajouté M. Harper, mais pas de la part des la majorité libérale au Sénat. Non seulement défient-ils le gouvernement, mais ils défient les membres élus du Parlement, l'opinion publique et le gros bon sens."
De leur côté, les libéraux fédéraux ont excusé le Sénat en expliquant que le projet de loi sur les libertés conditionnelles n'avaient été présenté qu'il y a deux semaines et qu'il était impossible de l'accuser de ralentir le processus d'adoption. Un autre projet de loi visant à augmenter les sentences minimales pour les crimes commis à l'aide d'une arme à feu n'est entre les mains des sénateurs que depuis trois semaines, tandis qu'un autre ne leur a été présenté qu'il y a six semaines.
Qui plus est, les libéraux rappellent qu'ils ont offert aux conservateurs d'accélérer le processus pour le projet de loi sur les libertés conditionnelles, mais que leur proposition est demeurée lettre morte.