Vêtu de sa livrée de combat et de lunettes de protection, le général Hillier a complété une tournée de deux jours en Afghanistan en déclarant que cette visite, outre qu'elle visait à remonter le moral des troupes, lui a aussi remonté le moral.
"En premier lieu, il est fondamental, pour tout commandant, de voir les gens, ces braves hommes et femmes, à qui on confie une mission, et de voir ce qu'on leur demande aussi", a-t-il affirmé à la base d'opération avancée de Masum Ghar, à 60 km à l'ouest de la ville de Kandahar.
A son arrivée, il a soupé avec les soldats et a ensuite répondu à leurs questions au cours d'une séance d'information.
Il a également assisté à une démonstration du nouvel engin détecteur de mines de l'armée, le Husky, un jour après l'explosion d'un véhicule identique sur une bombe artisanale, à l'ouest de Masum Ghar.
Le conducteur du Husky, qui n'a pas été blessé, a effectué la démonstration pour M. Hillier.
"C'est le genre d'équipement dont ils (les soldats) ont besoin pour faire leur travail, pour améliorer nos chances de succès, pour réduire les risques, particulièrement dans cet environnement menaçant (...)", a commenté le haut gradé.
Avec ses champs de pavot et de marijuana, ses routes étroites et ses montagnes, la région demeure un repaire de talibans, qui sèment des bombes partout. Rien de surprenant, selon le général Hillier, qui y voit les caractéristiques habituelles d'une contre-insurrection.
Plusieurs des talibans de la région de Masum Ghar seraient payés par les barons de la drogue, croit-on. Cette guérilla permettrait aux criminels de tenir le gouvernement afghan à l'écart de ce commerce lucratif.
Par ailleurs, le général Hillier a fait savoir que la formation donnée par l'armée canadienne à la police et à l'armée afghanes progressent, mais à un rythme un peu plus lent que ce qu'il espérait.
"Ils (les soldats canadiens) travaillent avec la police et, oui, nous sommes au courant des problèmes: leurs salaires, la corruption, leur manque de formation, tandis que d'autres n'ont rien à faire là."
Enfin, le chef d'état-major estime que le Canada est en train de gagner la guerre en Afghanistan. Il a cité les améliorations dans le secteur de Panjwaii, où le corps expéditionnaire canadien a été impliqué dans ses combats les plus féroces.
"J'y suis allé en mars, en avril, et en juin, et maintenant, c'est le jour et la nuit (par rapport à auparavant): des dizaines de milliers de personnes vivent dans cette vallée maintenant."