Les deux maires et 14 conseillers ont été invités par Energy Alberta Corp., une compagnie récemment créée et liée à Energie atomique du Canada, dans l'espoir d'obtenir les autorisations nécessaires pour ériger deux centrales au nord-ouest de l'Alberta.
Le maire de Woodlands County, Jim Rennie, a indiqué qu'Energy Alberta avait demandé à la municipalité une lettre d'appui, ce qui est une des exigences du processus fédéral.
Le voyage de deux jours que les élus ont accepté comportait une visite de la centrale de Pointe Lepreau, au Nouveau-Brunswick. Energy Alberta a aussi payé la tournée de homards à tous les invités.
Le maire Rennie a dit en entrevue qu'il s'agissait d'une mission d'information. Il a ajouté que sa localité était en compétition avec une autre pour l'obtention du projet et qu'il fallait donner une chance au coureur.
Selon lui, il fallait à tout le moins accorder une lettre d'appui, dans l'intérêt supérieur des contribuables, en vue de leur épargner de l'argent.
Peu après leur voyage, les conseils municipaux de Woodlands County et de Whitecourt ont tous deux acheminé une lettre d'appui au projet, de même que d'autres communautés du nord de la province.
Or, cette semaine, 55 des 4000 citoyens de Woodlands County ont fait parvenir une lettre au conseil pour lui demander pourquoi son appui avait été accordé aussi rapidement.
En séance du conseil mardi, plusieurs des résidants ont mitraillé le conseil de questions. Ils jugent que l'évaluation est insuffisante, que l'appui est prématuré, et font ressortir que le modèle de réacteur Candu proposé n'a jamais été construit et agréé au Canada et nulle part ailleurs.
Au dire du porte-parole d'Energy Alberta, Guy Huntingford, il s'agissait d'un "voyage éducatif". Il a expliqué qu'il n'existe aucune centrale nucléaire en Alberta et que les dirigeants doivent disposer d'un cadre de référence provenant d'une communauté qui vit aux alentours d'un réacteur nucléaire.