"Je vous assure à chacun d'entre vous et au pays tout entier que le meilleur est à venir", a promis le Premier ministre indien à ses 1,1 milliard de concitoyens. Rappelant toutefois que la croissance a laissé derrière elle une majeure partie de population, Manmohan Singh a lancé un avertissement: "Nous ne devons pas être trop sûrs de nous".
Un enfant indien a plus de risques de souffrir de malnutrition qu'un petit Africain. Et parmi les habitants de la planète vivant avec moins d'un dollar par jour, un tiers résident dans l'ancienne colonie britannique.
"L'Inde ne peut pas être un pays avec des îlots de forte croissance perdus au milieu de vastes zones où le développement reste inconnu, où seuls quelques-uns jouissent de la croissance", a martelé le Premier ministre devant des milliers de dignitaires et d'écoliers vêtus d'orange, de blanc et de vert, les trois couleurs du drapeau indien.
Monmahan Singh a présenté une série de mesures économiques: une enveloppe de 250 milliards de roupies (4,6 milliards d'euros) pour l'agriculture, activité qui fait vivre les deux tiers de la population; construction d'"infrastructures de premier plan" pour soutenir l'industrie; amélioration du système scolaire pour combattre l'illettrisme qui touche encore un tiers de la population.
Le Premier ministre prononçait son discours depuis le Fort Rouge, à New Delhi, derrière une vitre pare-balles. La sécurité était renforcée dans tout le pays pour l'anniversaire de l'Indépendance, notamment dans les régions en proie à des insurrections.
Au Cachemire indien, où des rebelles musulmans contestent la souveraineté de New Delhi depuis 1989, les services de téléphonie mobile ont été suspendus afin de prévenir les violences qui se produisent chaque année à cette période.
Dans l'Assam, Etat du nord-est de l'Inde, cinq bombes ont explosé mercredi sans qu'aucune victime ne soit à déplorer.
Dans l'Uttar Pradesh (nord), les forces de l'ordre étaient en état d'alerte à Agra, où se trouve le célèbre Taj Mahal, un monument qui attire trois millions de touristes chaque année. "La sécurité a été renforcée autour du Taj Mahal car les services du renseignement ont reçu des informations spécifiques sur un attentat terroriste contre cette merveille de marbre", a déclaré R. K. Tiwari, un haut responsable de la police.
Un autre policier, Vikram Singh, a rapporté que l'Inde avait fermé sa frontière avec le Népal afin d'empêcher des activistes musulmans de venir perpétrer des attentats sur son territoire.
Dans son discours, Manmohan Singh n'a fait aucune mention du Pakistan, le voisin et rival historique de l'Inde. Les deux pays ont obtenu leur indépendance presque simultanément en 1947, lors de la partition de l'ex-colonie britannique. Un million de personnes ont été tuées dans des affrontements entre les communautés hindoue et musulmane au cours des semaines précédant l'Indépendance. Et la partition a entraîné d'immenses mouvements de population: environ 10 millions de personnes se sont déplacées pour gagner soit l'Inde à majorité hindoue, soit le Pakistan musulman.
Durant les six décennies qui ont suivi, les deux voisins se sont livré trois guerres. Chaque essai nucléaire de l'un était accueilli par un test atomique de l'autre. Les relations se sont toutefois détendues depuis 2004 et le début d'un processus de paix.