Serge Eyrolles, l'organisateur du Salon et président du Syndicat national de l'édition, a ajouté vendredi dans un entretien à l'Associated Press que le Maroc, la Tunisie et l'Algérie avaient annulé la réservation de leurs stands officiels bien que des auteurs et éditeurs de ces pays maintiennent leur venue.
L'Organisation éducative, scientifique et culturelle islamique a également exhorté mardi dernier ses 50 Etats membres à boycotter le Salon du Livre, pour protester contre l'honneur fait selon elle à l'Etat hébreu "malgré ses atrocités, l'oppression, la famine et le siège du peuple palestiniens". Le syndicat des écrivains palestiniens et des groupes égyptiens ont fait la même demande aux éditeurs arabes.
La Foire du Livre de Turin, qui a lieu en mai, affronte une tourmente similaire, pour avoir elle aussi choisi de rendre hommage aux auteurs israéliens. Le Salon du Livre de Paris, qui se tiendra du 14 au 19 mars, a pour sa part invité 39 écrivains, parmi lesquels Amos Oz et David Grossman.
Serge Eyrolles déplore évidemment cette levée de boucliers. "Je ne suis pas ministre. Je suis éditeur et je suis là pour faire connaître l'écriture (...) à des lecteurs", a-t-il expliqué à l'AP. "Je suis très surpris par cette attitude politicienne qui ne correspond pas du tout à notre objectif, qui est d'inviter la littérature israélienne et pas l'Etat d'Israël."
L'éditeur se défend aussi d'avoir voulu célébrer le 60e anniversaire de la création d'Israël, assurant que l'Etat hébreu demandait un hommage pour ses écrivains depuis cinq ans. En outre, a-t-il argué, nombre des auteurs invités militent pour la création d'un Etat palestinien indépendant.