Le secrétaire britannique à l'Irlande du Nord Peter Hain a ainsi déclaré dimanche que la motion par laquelle le Parti unioniste démocratique (DUP) du pasteur Paisley s'est prononcé contre la date-butoir de lundi pour la mise en place d'un exécutif de 12 membres contenait de bonnes nouvelles.
D'après lui en effet, les membres du DUP, première formation protestante d'Irlande du Nord, se sont engagés à s'asseoir aux côtés du Sinn Féin, principal parti catholique, dans un délai de six semaines. Et Londres devrait faire tout son possible pour s'assurer qu'il en soit ainsi. "C'est la première fois que le DUP déclare qu'il va partager le pouvoir avec le Sinn Féin. Les gens disaient que cela n'arriverait jamais et c'est une avancée", a jugé Peter Hain.
Des années durant, la formation de Paisley a refusé de coopérer avec le Sinn Féin de Gerry Adams, arguant de ses liens avec l'Armée républicaine irlandaise (IRA). Mais d'immenses pas sur le chemin de la paix -l'IRA a déposé les armes et renoncé à la violence en 2005, tandis que le Sinn Féin en janvier dernier s'est engagé à coopérer avec la police d'Irlande du Nord-ont entamé l'hostilité des unionistes envers la formation catholique.
Peter Hain a signé dimanche un ordre ouvrant la voie à la réunion des 108 membres de l'Assemblée d'Irlande du Nord lundi pour élire les 12 membres du futur gouvernement biconfessionnel.
En tant que principales formations politiques de la province, le DUP et le Sinn Féin peuvent bloquer les nominations. Si le parti catholique souhaite un partage du pouvoir, les unionistes protestants affirment qu'ils ne l'accepteront qu'une fois certains du soutien plein et entier du Sinn Féin à l'ordre public sur un territoire britannique meurtri par des décennies de violences.
Les Premiers ministres britannique et irlandais, Tony Blair et Bertie Ahern, ont parlé stratégie dimanche à Berlin. M. Ahern a jugé "décevant" le rejet du DUP de la date-butoir de lundi. "Cela crée des difficultés pour les deux gouvernements", a-t-il commenté. La veille, Gerry Adams avait appelé Londres à ne pas accorder de nouveau délai à Ian Paisley.
Peter Hain a exprimé l'espoir que le DUP crée néanmoins la surprise en acceptant les nominations, même si le parti l'a exclu samedi dans une motion. Dans ce texte rendu public dimanche, la formation promet de "soutenir et participer pleinement à un exécutif d'Irlande du Nord si les pouvoirs lui sont dévolus à une date convenue au mois de mai".
La motion suggère qu'Ian Paisley pourrait accepter lundi d'intégrer une commission avec le Sinn Féin et d'autres partis pour entamer des négociations sur une plate-forme conjointe pour le gouvernement -à condition que tous acceptent un report au mois de mai. Cette réunion pourrait donner lieu aux premières discussions directes entre le leader du DUP et Gerry Adams.
Jusqu'à présent, Londres avait menacé de dissoudre l'Assemblée d'Irlande du Nord si la date-butoir de lundi n'était pas respectée. Peter Hain n'a pas précisé quelles décisions seraient prises si ce cas venait à se présenter. Mais il a suggéré que s'il ordonnait la dissolution de l'Assemblée, l'arrêt pourrait être de courte durée.