Au moment d'annoncer qu'il n'était pas candidat à un troisième mandat, le président sortant avait affirmé le 11 mars dernier vouloir "servir autrement" les Français.
"Il y a une vie après la politique. Jusqu'à la mort", avait-il expliqué auparavant dans une interview télévisée.
Après 40 ans de carrière politique et 12 années à l'Elysée, cette nouvelle vie devrait tourner autour des thèmes qui lui sont chers: la mobilisation contre les changements climatiques - Jacques Chirac plaide pour la création d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement -, une nouvelle solidarité internationale - il pourrait continuer à défendre son projet de taxation internationale sur les billets d'avion pour financer l'aide au développement - et le "dialogue des cultures".
Le président sortant devrait ainsi rapidement se tourner vers la création de sa "Fondation Jacques Chirac pour le développement durable et le dialogue des cultures", dont le lancement est prévu à l'automne.
Il devrait aussi profiter de son nouveau temps libre pour voyager ou se consacrer à sa passion pour les arts premiers. Il lui faudra aussi trouver un pied à terre définitif à Paris, les Chirac devant loger après le 16 mai dans un appartement du VIIe arrondissement, quai Voltaire, mis à leur disposition par la famille Hariri.
A l'issue de leur mandat, l'usage veut que les anciens présidents de la République aient droit, à vie, à un garde du corps, une voiture avec chauffeur, un bureau et quelques collaborateurs, tous pris en charge par l'Etat. Selon "Le Point" et "Le Parisien", les futurs bureaux de Jacques Chirac se situent près de l'Assemblée nationale.
Les anciens présidents touchent par ailleurs une indemnité fixée par une loi de 1955 "au traitement indiciaire brut d'un conseiller d'Etat en service ordinaire", soit quelque 6000 euros brut par mois.
Selon un calcul effectué par l'hebdomadaire "L'Express" en 2006, les retraites cumulées d'ancien député, d'ancien maire de Paris, d'ancien conseiller général, d'ancien conseiller référendaire à la cour des Comptes et d'ancien président de la République de Jacques Chirac dépasseraient un montant de 18 000 euros par mois.
Membre de droit du Conseil constitutionnel en tant qu'ancien président, Jacques Chirac, s'il décide d'y siéger, aurait également droit à ce titre à une indemnité et à un bureau, tout comme l'ancien président Valéry Giscard d'Estaing.
"Ce sera difficile dans un premier temps", mais "il fera autre chose. Il fera tout ce qu'il n'a pas eu le temps de faire jusqu'ici. Chacun connaît son amour de l'art. Il voyagera", avait estimé en novembre son épouse Bernadette. Elle continuera quant à elle à porter le flambeau politique: son mandat de conseillère générale de Corrèze se termine en 2010.
Reste à savoir si la justice laissera Jacques Chirac couler une retraite tranquille. S'il bénéficie d'une immunité pendant son mandat, celle-ci s'achèvera un mois après son départ de l'Elysée. Il pourra donc être entendu par un juge à partir de la mi-juin. Il pourrait notamment être inquiété dans le cadre de l'affaire des emplois fictifs du RPR, instruite à Nanterre.