Le témoignage du premier ministre du Québec à la commission est essentiel, a fait valoir mercredi le leader parlementaire de l'opposition officielle Sébastien Proulx, évoquant "la proximité qui lie le premier ministre avec l'ex-délégué général du Québec" et le fait "qu'il l'a côtoyé dans des moments assez intimes de sa vie".
M. Charest est aussi celui, à titre de premier ministre, qui a pris la décision "d'exaucer le voeu de son ami" en le nommant à la tête de l'une des plus prestigieuses délégations du Québec dans le monde, a poursuivi M. Proulx à l'Assemblée nationale.
M. Fortier et le sous-ministre au ministère des Relations internationales Alain Cloutier seront appelés à témoigner devant la commission de l'administration publique "au plus tard le 29 avril", stipule une motion adoptée à l'unanimité mercredi en Chambre.
La commission aura aussi le pouvoir de convoquer "toutes les personnes qu'elle jugera nécessaire" à l'exception des employés de la délégation qui ont porté plainte contre leur ex-patron pour harcèlement psychologique. Ces derniers ne pourront être contraints à livrer témoignage.
Le premier ministre n'a pas voulu indiquer s'il entendait se présenter devant la commission de son plein gré. Le leader parlementaire du gouvernement, Jean-Marc Fournier, s'est chargé de répondre à sa place au cours de la période de questions.
"Si la commission le désigne, bien, le premier ministre ira", a dit M. Fournier en réponse à une question de l'opposition adéquiste.
Outre le premier ministre, l'Action démocratique du Québec (ADQ) va aussi exiger que la ministre des Relations internationales Monique Gagnon-Tremblay vienne préciser sa version des faits aux parlementaires, a indiqué le député Proulx.
Le mandat donné à la commission de lever le voile sur les circonstances troubles qui ont conduit au licenciement de l'ancien délégué le 15 mars - à peine neuf mois après son entrée en fonction - a eu pour conséquence de réduire considérablement l'intensité du débat à l'Assemblée nationale.
A un moment cependant, la ministre Gagnon-Tremblay a fait crouler la Chambre de rire en expliquant la raison pour laquelle il était impossible mardi pour les journalistes de rejoindre du personnel de la délégation par courriel.
"Malheureusement, par pure coïncidence, il y a eu une panne de réseau", a raconté la ministre des Relations internationales, brandissant même un document pour prouver ses dires.
L'explication a laissé l'opposition bouche bée. Puis, un immense éclat de rire a suivi dans le salon bleu. Même le libéral Pierre Paradis, assis derrière Mme Gagnon-Tremblay, se tenait les côtes, manifestement incapable de dissimuler son amusement.