Durant le débat sur la motion présentée la semaine dernière et finalement battue par 72 voix contre 39 mardi soir, M. Charest est revenu à la charge pour déplorer le manque de substance du discours politique de Mario Dumont.
La population du Québec mérite mieux qu'une série de clichés, d'après M. Charest, qui a soutenu que M. Dumont débitait des "choses fausses" en matière d'éducation.
Si elle était adoptée, cette motion pourrait entraîner la chute du gouvernement et déclencher des élections générales. Mais on sait déjà que l'opposition péquiste votera contre, et qu'elle sera donc défaite, mardi soir ou mercredi.
La motion stipulait que l'Assemblée nationale doit désavouer le gouvernement parce qu'il refuse d'abolir les commissions scolaires.
Elle indiquait aussi la volonté de l'Action démocratique de voir le parlement reprocher au gouvernement son approche bureaucratique et son incapacité à assurer aux écoles et aux enfants les services auxquels ils ont droit.
M. Dumont a rappelé qu'à ses yeux il s'agissait d'un enjeu fondamental. Il a plaidé pour une école ayant plus de pouvoirs et d'autonomie.
Durant le débat et par la suite à la période de questions, M. Dumont a reproché au gouvernement ce qu'il qualifie d'immobilisme et de parti pris pour le statu quo, en ce qui touche l'avenir des commissions scolaires.
N'ayant pas réussi à convaincre Pauline Marois de se ranger à ses côtés, M. Dumont a aussi égratigné la chef du Parti québécois. Pauline Marois, qui a été ministre de l'Education dans le passé, a légué au Québec une réforme scolaire ratée "sous plusieurs angles", selon M. Dumont.
En guise de réplique, Mme Marois s'est montrée au contraire très fière de la réforme qu'elle a pilotée en 1995-1996, tout en reconnaissant qu'il a pu y avoir "des ratés".
A propos de la motion, elle a rappelé que son groupe de députés allait voter contre, parce qu'on ne fait pas "tomber le gouvernement sur un coup de tête" ou sur "un débat de structure".
Le débat a duré toute la journée, puis la motion de blâme a finalement été battue.