Le ministre Flaherty a fait ces commentaires lors d'un discours prononcé devant la Chambre de commerce d'Oshawa, dans sa circonscription. Il a précisé que le gouvernement fédéral pourrait prolonger la déduction pour amortissement accéléré, qui permet aux manufacturiers d'amortir leurs investissements en équipements plus rapidement que d'habitude.
"Le secteur manufacturier nous a demandé de prolonger cette initiative au-delà de deux ans, et nous nous pencherons sur cette suggestion pendant la préparation du prochain budget", a-t-il dit.
Lors du budget 2007, le coût total de la déduction pour amortissement accéléré était épinglé à 1,3 milliard $ pour la période initiale de deux ans. Il n'a pas été révélé combien il en coûterait à Ottawa pour prolonger le programme.
M. Flaherty y est allé de ces propos quelques heures avant que le gouvernement du Québec n'annonce un programme d'aide de cinq ans et 620 millions $ à l'intention du secteur manufacturier de la province. Québec, qui a perdu 36 700 emplois pendant les 10 premiers mois de l'année, a promis 178 millions $ en mesures fiscales et 442 millions $ en formation et subventions.
Interrogé à l'issue de son discours sur ce que son gouvernement entend faire au sujet des effets négatifs du taux de change, le ministre a déclaré que c'est la Banque du Canada qui est responsable de la politique monétaire, avant d'ajouter: "Nous verrons".
M. Flaherty a également indiqué que la réalité est que le monde des affaires ne peut pas espérer que le dollar redescende aux niveaux de 62 ou 70 cents US.
Les partis d'opposition à la Chambre des communes ont accueilli ces commentaires avec un certain scepticisme.
La leader parlementaire adjointe du Bloc, Monique Guay, trouve "bizarre" qu'il ait fallu au ministre Flaherty une visite dans sa circonscription pour prendre conscience de la crise que traversent les industries canadiennes, y compris celle de l'automobile.
"Ça fait déjà un an qu'on demande des mesures d'aide pour nos manufacturiers. On a perdu 65 000 emplois au Québec, a-t-elle fait valoir à l'issue de la période des questions. Il est temps qu'il agisse, qu'il agisse maintenant."
Le Nouveau Parti démocratique trouve lui aussi que le gouvernement fédéral met beaucoup de temps à répondre à l'appel des entreprises. "Ils ne sont pas capables d'être créatifs en matière d'économie. Ils sont incapables d'agir, de poser des gestes stratégiques. Ils ne comprennent tout simplement pas", a estimé le porte-parole en matière de Finances, Thomas Mulcair.
"Pour des raisons idéologiques, les conservateurs ne comprennent pas que l'économie canadienne est en train d'être vidée de sa substance et que l'infrastructure industrielle d'une valeur de centaines de milliards de dollars, que nous avons bâtie depuis la Deuxième Guerre mondiale, est en difficulté", a-t-il ajouté.
Le Bloc et le NPD pressent le gouvernement de mettre en application le plus rapidement possible les recommandations contenues dans le rapport unanime du comité permanent de l'industrie, déposé au Parlement le printemps dernier.
Ce plan proposait entre autres l'octroi de crédits d'impôt à la formation, une modification des politiques canadiennes sur les mesures antidumping et compensatoires, et des initiatives visant à soutenir la commercialisation de nouveaux produits.