Le juge à la retraite, qui a fouillé le scandale des commandites pendant deux ans, sera un témoin vedette devant le Comité des opérations gouvernementales, jeudi. On ignore toutefois s'il s'agira d'une occasion unique pour M. Gomery de partager ses inquiétudes ou si ce sera plutôt le début d'une étude à grande échelle visant à revoir comment les choses fonctionnent à Ottawa.
Si le député néo-démocrate Charlie Angus a assuré mardi qu'il demandera un suivi, incluant d'autres témoignages, la libérale Diane Marleau n'est pas certaine que le comité, dont elle est présidente, aura le temps d'approfondir les réflexions de M. Gomery.
Daryl Kramp, conservateur vice-président du comité, s'est montré peu enthousiaste face à l'idée d'une audience prolongée de l'ancien juge Gomery, citant la Loi sur la responsabilité du gouvernement comme réponse principale de Stephen Harper au scandale des commandites.
En entrevue à La Presse Canadienne en janvier dernier, le juge John Gomery avait critiqué Stephen Harper pour avoir renoncé à son engagement envers la transparence gouvernementale, lui préférant un style de gouvernement qui concentre le pouvoir entre ses mains.
"Je n'ai changé d'avis sur rien, a réitéré M. Gomery, mardi. C'est ce que je croyais alors et c'est ce que je crois maintenant."
En février 2006, peu après l'élection des conservateurs, M. Gomery avait recommandé de mettre fin au pouvoir du premier ministre de nommer les sous-ministres, les fonctionnaires les plus importants de tout ministère; de réduire le pouvoir du Conseil privé; et d'augmenter le financement du comité parlementaire des comptes publics, pour lui permettre de surveiller plus efficacement les dépenses gouvernementales.
L'ancien juge a aussi déploré que le gouvernement Harper n'ait pas reformulé la Loi sur l'accès à l'information et qu'il ait renoncé à créer un nouveau poste de commissaire aux nominations pour éviter le patronage.