L'Audience nationale a fait savoir que les 17 personnes incarcérées à l'issue de leurs auditions dimanche par le juge anti-terroriste Garzon étaient inculpés à titre provisoire d'appartenance à un groupe armé. Huit d'entre eux sont des récidivistes, a précisé un responsable du tribunal.
Quatre autres ont été remis en liberté provisoire moyennant une caution de 10.000 euros. Les deux autres, considérés comme n'ayant pas de liens directs avec Batasuna, ont été relâchés.
Selon la presse, la plupart des séparatistes interpellés ont refusé de répondre aux questions du juge Garzon.
Ce coup de filet contre la direction de Batasuna a tendu la situation au Pays basques. Des milliers de personnes ont défilé samedi pour les dénoncer, et un haut dirigeant du parti basque ayant échappé au coup de filet, Pernando Barrena, a jugé qu'il s'agissait d'une "déclaration de guerre" en bonne et due forme de la part de Madrid contre le mouvement basque.
Le principal dirigeant de Batasuna, Arnaldo Otegi, a été inculpé de terrorisme et incarcéré en juillet. La vague d'arrestations de cette semaine à Segura, en pleine réunion secrète de la direction du parti, qui visait à passer le relais entre la vieille garde du mouvement et les plus jeunes.
Le juge Garzon était déjà à l'origine de la mise hors-la-loi de Batasuna il y a quatre ans. ETA avait déclaré un cessez-le-feu unilatéral en mars 2006, mais les négociations qui ont suivi avec le gouvernement n'ont débouché sur rien. ETA a mis fin à la trêve avec un attentat qui a fait deux morts en décembre. Depuis lors, Madrid a interpellé des dizaines d'etarras présumés et s'en prend désormais à leurs alliés politiques.