Parallèlement, la junte a rétabli dimanche les liaisons Internet et relâché le couvre-feu nocturne. L'accès à Internet avait été coupé le 28 septembre, deux jours après des soldats eurent ouvert le feu sur des manifestants, entraînant l'envoi de photos sur Internet.
Les propriétaires de cafés Internet autour de Rangoon ont annoncé qu'ils souhaitaient rouvrir, après le rétablissement des liaisons dimanche. Quant au couvre-feu, il a été réduit à quatre heures -de 23h à 3h-, à compter de samedi soir. Il était initialement de 21h à 5h.
Par ailleurs, l'émissaire des Nations unies, Ibrahim Gambari, devait commencer sa tournée lundi en Thaïlande, avant de gagner la Malaisie, l'Indonésie, l'Inde, la Chine et le Japon, pour finir par une visite en Birmanie, la deuxième depuis le début du mois.
Le régime birman a répété par l'intermédiaire du journal officiel "Lumière nouvelle du Myanmar" (le nom officiel de la Birmanie) qu'il s'en tenait à son plan initial de rédaction d'une nouvelle Constitution puis d'élections, présenté comme une feuille de route en sept étapes vers la démocratie. Dans son édition dominicale, le journal qualifie les Birmans participant au soulèvement de "traîtres à la patrie (qui) connaîtront bientôt une fin tragique".
Les forces de sécurité ont réprimé dans le sang les manifestations des 26 et 27 septembre derniers. Les autorités font état de dix morts et 2.100 arrestations mais des diplomates et des dissidents évoquent un bilan bien plus important, et jusqu'à 6.000 interpellations. Le porte-parole de la Ligue nationale pour la démocratie (LND) Nyan Win a déclaré vendredi qu'à cette date 216 membres du parti se trouvaient en garde à vue. Des personnes interpellées auraient été battues et torturées pendant des interrogatoires.