Don Adam, policier aujourd'hui à la retraite, a indiqué lundi que le système judiciaire avait laissé tomber les jurés en les handicapant au moyen d'informations incomplètes.
"Nous ne leur avons pas tout donné et ils ont fait ce qu'ils pouvaient, a-t-il déclaré. J'ignore comment ils se sentent maintenant (...) Mais que va-t-il se passer lorsqu'ils vont tout savoir? De quelle façon vont-ils se sentir? Ne les avons-nous pas trahis?"
M. Adam faisait allusion à la série de décisions rendues par le juge James Williams au sujet des éléments de preuve qui étaient admissibles et de ceux qui ne l'étaient pas. La plupart de ces décisions ont été rendues lors de l'année ayant précédé le début du procès, en janvier dernier.
Les décisions ont fait l'objet d'interdits de publication visant à faire en sorte que les jurés ne puissent pas être influencés par les informations jugées inadmissibles par le magistrat.
Les interdictions de ce genre sont habituellement levées une fois que le jury commence à délibérer. Dans le cas du procès de Pickton, cela n'a pas été le cas.
"Le juge Williams a dit aux jurés avant qu'ils ne partent (délibérer) qu'ils étaient mieux placés que quiconque (...) pour savoir la vérité", a affirmé M. Adam à des journalistes au palais de justice où a été instruit le procès de Pickton, à New Westminster, en Colombie-Britannique.
"Mais les gens qui ont été là pendant tout ce temps, avez-vous vraiment cru cela? Je crois que les gens qui en ont entendu le plus étaient les mieux placés", a-t-il ajouté.