Selon la mission française auprès de l'ONU, Bernard Kouchner a fait savoir à des journalistes français qu'il ne rencontrerait donc pas son homologue Walid Mouallem à New York.
Le maronite Antoine Ghanem, du parti phalangiste, membre de la majorité gouvernementale, a été tué dans un attentat à Beyrouth, dernier en date d'une série d'assassinats visant les figures politiques anti-syriennes au Liban. Le gouvernement de Fouad Siniora a accusé la Syrie d'être derrière ces attentats, ce que Damas dément.
"J'ai été -pardonnez-moi-choqué par ce dernier assassinat, comme je le suis à chaque fois. J'ai pensé qu'il ne fallait pas rencontrer mon homologue comme c'était prévu", a déclaré Bernard Kouchner. "C'est une situation intolérable. Nous essayons de ne pas la tolérer".
Interrogé sur le fait que la Syrie puisse être derrière l'assassinat, le ministre des Affaires étrangères français a déclaré qu'il ne disait pas cela.
Il a néanmoins ajouté : "Je pense qu'ils (les Syriens) comptent beaucoup dans la région. Attendons de voir si les suspicions sont étayées".
Le président français Nicolas Sarkozy avait fermement condamné les violences politiques au Liban lors d'une conférence de presse mardi, et indirectement approuvé les accusations portées contre la Syrie.
Les responsables politiques de la coalition craignent que ces meurtres se poursuivent, alors que le Liban a entamé la délicate procédure en vue de l'élection, d'ici deux mois, d'un nouveau président pour succéder au pro-syrien Emile Lahoud, un obligé de Damas.