D'après ce sondage, le parti de M. Ianoukovitch, le Parti des Régions, arrive en tête avec 35,5% des suffrages, devant le Bloc Ioulia Timochenko, parti de l'ancienne et télégénique Première ministre, qui a de nouveau le vent en poupe, avec 31,5% (contre 22% l'an dernier).
Le mouvement du président Viktor Iouchtchenko, Notre Ukraine-Autodéfense populaire, arrive loin derrière, en troisième position, avec 13,4% des suffrages. Son parti souffre de la désaffection des Ukrainiens déçus par l'absence de réformes après l'espoir réveillé par la Révolution orange de 2004 qui avait porté leur champion au pouvoir.
Ce sondage, réalisé par trois instituts indépendants, a une marge d'erreur de deux points. D'autre sondages fournissaient des estimations similaires.
Cette semaine, Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko ont conclu un accord de dernière minute visant à former une coalition au Parlement. D'après les résultats du sondage, ils seraient assurés d'une majorité simple au Parlement, avec au moins 226 des 450 sièges, ce qui leur permettrait d'évincer M. Ianoukovitch. M. Iouchtchenko nommerait alors Ioulia Timochenko au poste de Premier ministre.
Un tel développement marquerait une réconciliation entre le président et Mme Timochenko, qui avait été remerciée en 2005 après seulement sept mois à la tête du gouvernement issu de la Révolution orange.
Les communistes, qui se sont dit prêts à former une coalition avec le parti de M. Ianoukovitch, ont obtenu 5,1% des suffrages, selon le sondage. Le parti dirigé par l'ancien président du Parlement, Volodimir Litvine, qui est resté vague sur une éventuelle alliance, a obtenu 3,7% des suffrages, juste en dessus du seuil de 3% nécessaire pour qu'un parti entre au Parlement.
Environ 60% des quelque 37,5 millions d'Ukrainiens se sont rendus aux urnes, selon la Commission électorale centrale. Ces élections législatives anticipées, conséquence de la dissolution du Parlement par le président Viktor Iouchtchenko, ont été organisées pour tenter de sortir le pays d'une crise politique qui dure depuis des mois entre le camp du président pro-occidental opposé à celui du Premier ministre pro-russe Viktor Ianoukovitch, avec Ioulia Timochenko en arbitre.
Mme Timochenko, très souriante après l'annonce des résultats des sondages, a affirmé qu'elle rencontrerait lundi M. Iouchtchenko pour officialiser rapidement leur nouvelle alliance. "Dans un ou deux jours, nous annoncerons la coalition", a-t-elle confié.
Youri Loutsenko, qui dirige le parti de M. Iouchtchenko, a annoncé que le parti était prêt à soutenir Ioulia Timochenko pour qu'elle devienne Premier ministre une fois la coalition formée.
Mme Timochenko s'est engagée à rapprocher un peu plus son pays de l'Europe et à rejoindre rapidement l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Elle a aussi annoncé que l'Ukraine chercherait à avoir de bonnes relations avec la Russie, et à discuter rapidement des importations de gaz russe et de son transit vers l'Europe. "Nous garantirons une relation équilibrée, harmonieuse avec la Russie", a-t-elle dit.
De son côté, M. Ianoukovitch a fait une brève déclaration dans laquelle il a essayé de présenter les résultats de son parti comme une victoire, affirmant qu'il entamerait des pourparlers avec de potentiels partenaires pour une coalition. "Nous considérons les résultats des élections comme une carte blanche pour notre parti pour former un nouveau gouvernement", a-t-il lancé.
Après les législatives de mars 2006 largement remportées par le camp de Viktor Ianoukovitch, le bras de fer s'est aggravé, le président l'accusant de vouloir usurper le pouvoir et décidant au final de dissoudre le Parlement en avril dernier. Furieux, Ianoukovitch a accusé le camp d'en face de préparer la fraude pour le scrutin de dimanche, et prévenu que ses partisans du camp des "bleus" pourraient bien organiser des manifestations de masse en cas de défaite.