Le député de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, a écrit au président de la Chambre des communes ainsi qu'au Commissaire à l'éthique pour leur demander de vérifier si le ministre du Développement économique pour les régions du Québec avait respecté toutes les règles.
"Cette demande ne se veut ni frivole, ni vexatoire, mais vous est présentée dans le but de préserver et d'accroître la confiance du public dans l'intégrité de chaque titulaire de charge publique et dans le processus de prise de décision du gouvernement", peut-on lire dans la missive datée du 5 juin et dont la Presse Canadienne a obtenu copie.
L'opposition reproche à Jean-Pierre Blackburn d'avoir confié à l'un de ses adjoints de comté, Daniel Giguère, le mandat de rédiger une dizaine de discours valant au total près de 25 000 $ alors qu'il recevait déjà un salaire de 35 000 $ du gouvernement.
Entre septembre 2006 et avril 2007, M. Giguère a livré au ministre une dizaine d'allocutions de longueurs variables en vue d'événements tels que le souper de la Chambre de commerce de Dolbeau-Mistassini, la Journée des entrepreneurs et un brunch paroissial dans sa circonscription.
Les factures, dont le montant varie entre 1750 $ et 3000 $, ont été approuvées par le chef de cabinet du ministre, Michel Lalonde, qui a conclu le contrat de rédaction avec Daniel Giguère.
M. Blackburn a reconnu que le contrat avait pour objectif de hausser le revenu de son adjoint, un ancien maire de Jonquière, qui avait quitté un emploi chez Hydro-Québec pour se joindre à l'équipe conservatrice.
Selon les libéraux, le ministre a toutefois clairement contrevenu aux politiques du Conseil du trésor ainsi qu'à la Loi sur le parlement qui proscrit clairement l'octroi de mandats à des personnes déjà rémunérées par le trésor public.
Jean-Pierre Blackburn assure pourtant qu'il avait obtenu un avis légal favorable avant de s'engager envers M. Giguère.
Sa directrice des communications a en outre déclaré que tous les détails du contrat avaient été divulgués "conformément à toutes les attentes sur la transparence et la responsabilité".
Parce que la valeur totale du contrat était inférieure à 25 000 $, il n'était pas obligatoire d'organiser un appel d'offres.
Ce n'est pas la première fois que la gestion des ressources humaines de Jean-Pierre Blackburn suscite la controverse.
En octobre dernier, le ministre responsable de l'Agence de développement économique du Canada pour les régions du Québec avait été critiqué parce qu'il avait octroyé un contrat de quelque 24 000 $ à un conseiller qu'il avait par la suite embauché à son cabinet.
Jean-Pierre Blackburn a aussi fait les manchettes récemment après que la Presse Canadienne eut révélé qu'il avait omis de comptabiliser à son nom des frais de déplacement en avion nolisé totalisant 150 000 $.